Affichage des articles dont le libellé est Interviews. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Interviews. Afficher tous les articles

vendredi 19 septembre 2008

TORËTO - Septembre 2008

Torëto : duo noise hardcore de Clermont-Ferrand. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils font de la musique de sauvage foutrement bien et ils s’apprêtent à conquérir le monde avec la sortie de leur premier EP fin 2008. Et en plus ce sont mes copains.



L'origine ?

Jérèm (guitare-cris) : C'est l'envie de faire de la grosse noise qui tache avec un minimum de personnes, c'est parti avec thom (ancien batteur de sofy major). Au départ y’avait des guitares bleues fluo et un clavier new wave, ça partait un peu dans tout les sens. Et puis après avec la rencontre de Martin on s'est un peu énervé, c'est parti plus dans un trip HxC voire Métal...

Martin (batterie) : Jérèm avec un autre batteur, Thom (qui a joué dans Sofy Major après notamment ) que j'ai remplacé à l'été 2007. Depuis, quelques concerts et des rencontres et un premier EP qui va arriver

Pourquoi Martin ?
J : Thom s'est barré suite à des prises de tête et puis j'ai mis ce projet en stand-by.
Puis j'ai rencontré Martin qui m'a proposé de bosser sur un projet funk rock qui a duré 1 ou 2 ans.
C'était le seul vrai batteur avec qui j'avais jamais joué, j'ai vraiment énormément progressé avec lui (et d'ailleurs avec les autres gens du groupe).
On a splitté et mon envie de reprendre torëto ne m'avait pas lâché. J'ai pas hésité une seconde pour demander à Martin, vu son niveau on pouvait se permettre des trucs que je n'avais pas fait avant.


C'est quoi ce nom ?
J : Ben j'ai jamais cherché de noms de groupes avec des significations, je trouvais que ça sonnait bien.

M : J'en sais rien du tout, il était la avant moi.


Clermont-rock city ?
J : Je trouve que ça bouge quand même pas mal vu la taille de la ville, y’a une poignée de personnes qui se bougent pour faire venir des groupes. Le public est rarement très nombreux mais c'est du public de qualité et assez convivial quoi, quand je vois certains concerts à Paris ou Lyon où tout le monde est blasé je me dis qu'on est pas mal chez nous. Après tout dépend des style.

M : Un gros réservoir de gens pour monter pas mal de projets différents, ça se bouge niveau musique et ça c'est bien. Par contre niveau public c'est un peu Clermont Loose City, y'a souvent peu de monde aux concerts, ça manque un peu d'ouverture et c'est dommage.



L'Ep-démo ?
J : On l'a enregistré en Novembre 2007 en un temps très limité chez mouffi à Montpellier (ndm : guitariste Goodbye Diana), on va sortir ça en format K7 à la rentrée après moult reports. On peaufine l'artwork improbable fait main et on devrait faire une petite release en Novembre sur moncler (ouaich!) et aussi du coté d'Erstein chez nos potes de Dream comes true qui nous filent un coup de main sur cet EP.

M : 4 titres enregistrés vers Montpellier, par Mathieu Croux, alias Mouffi, enregistrement + mix en 2 jours, donc c'est plutôt brut mais c'est ce qu'on voulait. Ces titres sortiront sur format cassette, par un label Alsacien, Dreams Comes True (Farewell, Chaos Is, ...)
Erstein Rock City !


Les paroles ?
J : Pas de paroles...ou très très peu. La musique ne m'inspire pas de textes, le chant est là pour structurer, c'est plus des phonétiques. J'ai absolument rien n'a dire de spécial, je ne vois pas l'intérêt d'écrire des paroles pour écrire des paroles. Quand je fais de la musique, c'est par pure envie, pas par contrainte. Après j'aurais pu dire : c'est un concept et tout, mais non. Je veux que ça sonne.

M : j'ai rien à voir la dedans


La composition ?
J : Au départ, Martin n'avait pas du tout un jeu dans ce style. Du coup y’a eu un très long processus d'assimilation de trucs à la converge, botch et cie. J'amenais systématiquement mes riffs en répète et on bossait, il se posait dessus.
Maintenant, le point de départ d'une chanson est en répète. Tout est fait en concertation, notre style est plutôt complexe, y’a énormément de boulot de mise en place. Mais bon à deux ça va très vite, et notre méthode est bien huilée maintenant. On essaie quand même de faire des trucs plus cohérents, du coup davantage de passages plus simples et moins de riffs tordus mis bout à bout. Maintenant c'est du rock'n'roll quoi (tout le monde est mort de rire ahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha.....)

M : En fait on compose vraiment à 2, on cherche des trucs ensembles, ça fait pas mal de déchets mais c'est comme ça qu'on arrive le mieux à trouver des trucs qui nous plaisent vraiment.
Faut pas que ça soit trop préparé en fait.


Les concerts ?
J : Les concerts sont un peu en stand-by cette année, Martin est en prépa donc il bosse un max. Moi je taffe les week-ends donc pas de répètes en dehors des vacances scolaires. Ca va être très limité de ce coté là...

M : Jusqu'ici, quelques concerts par ci par la, sur Clermont et en France.
Pour l'avenir, pas grand chose pour le moment, à part une release party en Novembre ou Décembre pour la sortie (études pour moi + boulot pour Jérèm, c'est pas trop compatible avec les répètes pour le moment) . Mais on va essayer de tourner en Mai ou Juin si on arrive à se trouver une semaine ou 2 en commun.


Les copains ?
J : Ben je pense qu'on est les mecs les plus connus de Clermont, tout le monde est pote avec nous. Non, ben en fait en ce qui me concerne je suis pas du genre à avoir une grosse bande de potes, je passe pas mal de mon temps libre à jouer donc je fréquente surtout des zicos (chui un fou en fait).

M : Stetson, mon autre groupe, avec une actualité pas mal chargée (enregistrement d'un album bientôt pour une sortie et de concerts prévus avant l'été)
Sinon pour Jérémie, il y a Oreille un projet tout neuf monté avec Thom, et Seb, gratteux de Sofy Major, un truc bien cool entre Fugazi, Akimbo et Unsane.


2009 ?
J : Depuis notre passage en studio l'an dernier notre musique a pas mal évolué et on a vraiment envie de retourner en studio l'année prochaine. peut-être sortir un maxi 9 titres. Et puis essayer de tourner un peu, du moins se remettre à jouer si on est pas trop éloignés.

M : Un maxi, ou un album qui devrait être enregistré fin 2009, et on cherche des gens motivés pour nous aider à le sortir (CD et LP). ça c'est l'objectif premier. Ensuite tourner un peu, ça serait cool.

Check’em out : www.myspace.com/toretoband

lundi 15 septembre 2008

ANTELOPE - septembre 2008



Trio originaire de Washington DC, ayant sorti un premier EP en 2003 (coprod Dischord et Bug records, leur propre label), un deuxième EP en 2004, puis un premier album "Reflector" en 2006. Je trouve leur musique assez froide et minimaliste mais extrêmement bien pensée et entêtante. Ils ont la particularité de faire tourner les instruments dans le groupe, et de pondre des chansons dans un style bien à eux. Entrevue par e-mail mi septembre 2008 avec Bee Elvy.


Salut les gars. Pour commencer la question classique, vous pouvez présenter le groupe, votre passé musical et side projects ?


Antelope c’est Mike Andre, Bee Elvy, et Justin Moyer. Mike et moi même jouions dans Vertebrates et Justin était auparavant membre de Supersystem. A l’heure actuelle, Mike et moi travaillons tous les deux sur des projets solos et Justin joue dans Edie Sedgwick (ndm : et auparavant dans El guapo).


Une question qu’on vous pose souvent j’imagine, d’où viens votre nom et pourquoi ?

Tout d’abord j’aime la sonorité de ce mot. Et à l’époque ou on cherchait un nom je bloquais sur un masque antilope du peuple Dogon du Mali. J’ai recherché l’origine étymologique du mot, qui vient du grecque ancien "antholops", et qui voudrait apparemment dire "fleur-oeil" ou "œil-clair" ; cela impliquait une forme de lucidité qui me plaisais. (ndm : apparemment le mot viendrait également du vieux copte "Pantholops", et le terme grecque désignait la licorne, mais qui en a quelque chose à foutre ?)


Comment avez vous commencé la musique ?

Ma mère est professeur de piano, j’ai donc joué de la musique depuis mon enfance. Mike a grandit en jouant de la guitare et plusieurs instruments à vent, et son père écoutait constamment des disques de musique classique et d’opéras à la maison. Justin a étudié la voix dans sa jeunesse et a chanté dans plusieurs chorales.


En écoutant Antelope, on ressent un son vraiment post-punk, mixé avec des choses inhabituelles comme des influences hip-hop ou des rythmes africains… c’est à peu près ça ?

Oui, plus jeunes on était des punks mais on a écouté beaucoup de musiques séquencées (hip hop, techno) quand nous étions adolescents dans les 90s. Les rythmiques Hip Hop ont beaucoup influencé nos plans de batterie, je pense que c’est assez évident. De même que plus tard, la musique pygmée Gabonaise et Congolaise sont devenues de très fortes influences, avec leurs contrepoints sophistiqués (ndm : contrepoints = superposition organisée de lignes mélodiques distinctes)


Quelles sont vos influences principales en commun ?

Bach, Thelonius Monk, Kraftwerk, la musique Pygmée, Ligeti, Fugazi, Quixotic, Lungfish, the Stooges, Velvet Underground, Suicide, musiques de pianos à pouce du Zimbabwe et d’Ethiopie (ndm : piano à pouces = Mbira, Sanza ou Kalimba), la musique Gamelan indonésienne , le Tai Chi Chuan, …


Qu’est ce que tu écoutais plus jeune ?

Toute la musique que je pouvais trouver.


Et ces jours-ci ?

Omar Souleyman, Screaming Females, Kavinsky, Telepathe, Nisennenmondai, Johannes Ockeghem


A propos de votre musique. Vous la décrivez comme "la mélodie face à la répétition", ce qui est plutôt une bonne définition en fait… J’ai l’impression que vous basez quasiment tout autour d’une rythmique et d’une seule mélodie par chanson, c’est ça ? Comment vous procédez pour composer ?

On cherche à créer des phrases rythmiques et mélodiques répétitives, qui sonnent simples et complètes à la fois. On les travaille beaucoup, en les perfectionnant du mieux qu’on peux. Mike et moi écrivons nos chansons individuellement, et celles de Justin résultent plus d’un effort collectif.


Et qu’est-ce qui vous inspire dans la vie de tous les jours ?


La vie de tous les jours elle-même.


Il n’y a quasiment pas de refrains, solos ou ponts dans vos chansons ; votre son et votre backline sont réduits au strict minimum, pas de distorsion sur la guitare – est-ce quelque chose de réfléchi (avoir un son le plus simple et clair possible), ou est-ce venu naturellement au fil des années ?

Nous poursuivons dans une voie de composition Claire et ordonnée, mais je ne pense pas que nous voulons juste imposer l’ordre dans le son. C’est plus la quête d’une logique musicale profonde. Il y a de la magie dans la simplicité.



Vos artworks sont généralement également simples et directs, qui s’en occupe ?


Merci, c’est en fait moi qui réalise tous les artworks pour le groupe. J’étais peintre avant et essaye de m’y remettre.


Vos disques sortent sur Dischord, et c’est Ian Mackaye qui vous enregistre, comment l’avez vous rencontré ? Vous êtes satisfaits de votre collaboration ?


J’ai envoyé une démo à Ian et lui ai demandé si il voulait bien la sortir. Il a accepté de faire une coproduction et notre relation avec lui a commencé à ce moment là. Son travail en tant que producteur est vraiment impressionnant, on travaille tous super bien avec lui. Il est devenu une sorte de mentor pour nous.


Vous êtes satisfaits de votre premier album “reflector” et de l’accueil qu’il a reçu de la presse et du public ?

Je ne lis pas vraiment les chroniques et critiques culturelles, je ne comprendrai jamais vraiment ça en fait. Ca semble surtout être à propos des buzz, tendances, des trucs éphémères… Je suis plus intéressé par la connexion qui peut s’établir avec les gens qui sont en face de nous quand on joue.


J’imagine que vivre à Washington est une bonne chose pour rencontrer d’autres groupes, c’est en tout cas comme ça que nous le voyons de l’autre côté de l’océan. Quelles sont vos relations avec les groupes Dischord ? Quels sont les groupes avec lesquels vous aimez tourner, ou juste passer du temps ?


On a tournés avec Black Eyes et Q and not U, et sommes devenus de bons amis avec ces personnes par la suite. Dischord est une communauté, tout le monde connaît plus ou moins tout le monde.


Vous avez un peu tournés en Europe, quelles différences culturelles vous ont amusés ou choqués ?

Le public à Paris nous a vraiment surpris. On pensait avoir plutôt bien joué, mais les gens avaient des visages figés… ! Ils avaient en même temps l’air de porter attention à ce que nous faisions, et on s’est dit ‘’ils nous haïssent’’. Puis après le concert, beaucoup de personnes sont venues nous voir pour nous complimenter et acheter des disques, on ne comprenait pas vraiment !


Dernière question ! Vous planifiez quoi pour la suite ?


Antelope est en standby indéterminé pour l’instant. Je vais peut-être retourner à l’université pour passer un MFA (ndm : Master of Fine Arts, diplôme d’arts équivalent à un bac + 5). Je pense que Mike va sûrement enregistrer et jouer ses chansons solos, et Justin travaille beaucoup en tant que journaliste en ce moment. C’est difficile à prévoir, mais je sais que nous sommes tous les trois créatifs, et nous continuerons à explorer et découvrir de nouvelles choses à travers l’art. Merci pour tes questions et l’intérêt porté.

Bee

dimanche 1 juin 2008

PAPIER TIGRE - juin 2008


Papier Tigre est sûrement la meilleure chose qui soit arrivée à la France depuis l’invention du St-Nectaire. Interview réalisée par e-mail le 01/06/08

1- Yo les gars, comment ça va ? Petite présentation et historique d'usage ?… Vous avez presque tous des groupes en dehors de Papier Tigre, et des expériences passées en commun… Vous pouvez en parler un peu aussi ?


Salut Damien, ça va bien et bien occupés aussi.
Papier Tigre existe depuis janvier 2006 et est composé d’Arthur (guitare), Eric (guitare/chant) et moi, Pierre-Antoine (batterie). On a passé les 5 premiers mois à jouer. Pendant cette période on a construit une dizaine de morceaux sur des bases d’improvisations, desquels on a garder les 8 qui figurent sur notre 1er disque, enregistré en juillet de la même année, qui devait à l’origine être une démo. Ensuite on a fait quelques concerts, avant et après la sortie du disque (février 2007), jusqu’à novembre 2007, quand on a commencé à tourner plus sérieusement.

On a tous les 3 commencé et appris à jouer ensemble à partir de 13/14 ans. Pendant une période, on n’avait plus de projet commun, Eric se consacrait à The Patriotic Sunday, son propre projet, et je jouais dans Room204. Arthur et moi nous sommes remis à jouer ensemble au sein d’Argument, pendant une période d’un an, et ensuite est venu Papier Tigre. Tous ces projets existent encore mais n’ont pas d’actualité sauf The PS dont le second album est fini.


2- Depuis les débuts du groupe (2006), vous avez fait à peu près 130 dates, ce qui est vraiment pas mal pour un groupe indépendant français… c'est quoi votre truc ?


En fait, on a fait la majorité de ces dates depuis Novembre dernier. C’est à partir du moment où on était tous les 3 disponibles pour se consacrer uniquement à la musique qu’on avait décidé de partir pour une longue tournée, qui avait elle-même été bossée bien en amont.

Notre truc, comme tu dis, dans un premier temps, est qu’on a décidé de consacrer notre temps à faire de la musique ensemble au sein de ce groupe. Ensuite, on a la chance d’avoir certaines personnes qui consacrent ou qui ont consacré une partie du leur à notre groupe, que se soit en tant que label ou tourneurs. Et finalement, plus on est actif plus on a l’occasion de saisir de meilleures opportunités.


3- Vous avez d'ailleurs eu l'occasion de jouer dans de nombreux pays (Grande Bretagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Allemagne, République Tchèque, Slovénie, Autriche, Chine, …) pendant ces deux années intensives, quelles sont les choses qui vous ont marqués dans les cultures locales, les concerts, les groupes locaux, etc… ?


A vrai dire, chaque pays européen dans lequel on a joué a ses particularités, de mode de vie, d’un point de vue architectural, etc. et heureusement, mais rien qui ne fasse l’objet d’un vrai "choc culturel". Pour ma part, c’est aussi dû au fait que j’étais déjà allé dans une partie d’entre eux.
Dans une ville comme Berlin, où je n’étais jamais allé, j’ai quand même ressenti quelque chose d’assez fort d’un point de vue historique, en voyant le reste du mur par exemple. Ou à Opava, à l’Est de la République Tchèque, où je n’étais jamais allé non plus, le poids de l’ex-bloc communiste est encore assez présent, il y a un retard sur le reste de l’UE, déjà du fait qu’elle ne soit pas dans la zone euro.

Les concerts se passent a peu près partout de la même manière je crois. La réaction du public dépend moins de la culture du pays que de la performance et de la musique du groupe qui se produit. En ce qui concerne les groupes locaux, c’est toujours délicat à dire, mais il y en a plus de mauvais que de bons.

En ce qui concerne la Chine, on peut parler de choc culturel par contre, tout y est différent mais on y reviendra dans la question suivante je crois.



4- Est-ce qu'on peut aborder plus particulièrement l'aspect de votre tournée en Chine ? Sur votre tour report, vous décrivez un pays tiraillé entre une croissance rapide un peu sauvage et une partie de la population laissée à l'abandon. Pensez vous que la musique rock et plus généralement l'art trouve un réel écho là bas ? Qu'est ce qui vous a le plus frappé, étonné, plu, déçu dans cet immense et bouillonnant pays ?

On sait tous qu’aujourd’hui la Chine a un rôle plus qu’important dans l’économie mondiale.
Ce qui est frappant, c’est justement le décalage entre ce qu’on peut imaginé être un pays élevé au rang de grande puissance et la réalité de la vie dans celui-ci. Le système "communiste" en place ne permet pas à la population de bénéficier de l’amélioration des conditions de vie que pourrait lui apporter le développement économique. En fait, la situation est sclérosée par un système politique archaïque et dictatorial et une croissance économique en grande partie au profit du pouvoir.

Une chose qui m’a vraiment marqué est le fait que la circulation de la population au sein du pays soit contrôlée par exemple. On a fait la majorité des voyages entre les dates en train, et en Chine, pour acheter un billet de train il faut le faire dans la ville de départ du train et les billets ne sont pas en vente plus de 10 jours avant le départ de celui-ci. Prévoir un voyage suffisamment longtemps à l’avance est impossible alors une tournée… Chaque promoteur devait nous acheter nos billets de trains au préalable, qu’on lui remboursait une fois sur place, et je dois dire que dans l’ensemble, ça a plutôt pas mal fonctionné.

Pour plein de raison, ce pays m’a paru effrayant, que ce soit au niveau politique ; maîtrise de la population, maîtrise de l’information (sites Internet bloqués) et propagande (China Central TV, les chaînes du gouvernement et rien d’autre ou quasiment), qu’au niveau économique ; un développement tellement accru, sans réglementation, et ses répercutions sur l’environnement (pollution de l’air et de l’eau) et sur la population (les pauvres chassés de Pékin pour les JO) à l’échelle d’un pays qui fait 1 milliard 300 millions d’habitants.

Sans parler de l’attitude de certains expatriés qu’on a pu rencontrer et du respect qu’il ont pour leur pays d’adoption, et du fait que presque à chaque fois qu’il doit y avoir transaction d’argent on essaye de t’arnaquer parce que tu es blanc donc tu es riche.
Finalement, ce ne sont que des exemples de ce qu’on a pu percevoir ou ressentir et la réalité des choses est bien plus compliquée. Des occidentaux qui sont allés visiter Shanghai, qui est en quelque sorte une des vitrines chinoises, diront certainement que j’ai tort et que la Chine est un pays à la pointe du développement.

Mais il ne faut pas non plus rester que sur le côté négatif, cette tournée/voyage a aussi été pour nous l’occasion d’aller pour la première fois dans un pays asiatique, et d’être introduit à une culture qui est historiquement très riche. On a eu un peu de temps pour faire du "tourisme", on est allé sur une portion de la muraille par exemple. On a aussi rencontré des gens super, comme Yoan et Xin, qui nous ont fait venir et accueillis là-bas.

Je ne vais pas m’étendre sur l’art en général, mais je crois que la musique rock a un public en Chine. Seulement, à part à Pékin et peut être à Shanghai, il n’y a pas de groupes qui jouent de la musique indépendante comme nous l’entendons ici en tout cas. Les groupes chinois les plus controversés avec lesquels on a eu l’occasion de jouer, faisaient du punk fin 70 ou du punk hxc début 80 de manière assez codifiée. Les autres groupes faisaient chacun à leur manière un mélange de (hard) rock US / hip-hop / progressif voire karaoké influencés par tous les meilleurs groupes mainstream américains. Je pense ou j’espère que ça va se développer dans ce domaine aussi à l’avenir, que d’une manière ou d’une autre ils auront accès à de la musique plus novatrice et plus intéressante que ce qu’on veut bien leur donner à écouter.


5- D'ailleurs ça me fait penser à une question sur votre nom de groupe, pour rester du côté de la Chine… Quelque chose à voir avec ce qu'a dit Mao à propos des USA ? (= pays cruel et impuissant à la fois : « Vu de l'extérieur, l'Amérique est un tigre, mais il est fait en papier et ne peut résister ni au vent ni à la pluie. A mon avis, les Etats-Unis ne sont rien de plus qu'un tigre en papier. » 1956)

Rien à voir avec ça et rien d’autre non plus. (Ndm : des quelques reviews & bribes d’interviews que j'ai pu en lire a posteriori, le nom évoquerait une musique puissante alliée au pouvoir des mots, ou quelque chose dans le genre !)


6- Vous étiez également l'un des groupes repéré pour les Transmusicales de Rennes, comment s'est effectué cette sélection ? Qu'est ce que cela vous a apporté concrètement et quelle expérience en retirez vous ?

Oui en effet, je ne sais pas si il y a eu une sélection, je crois que le programmateur a aimé notre musique. Premièrement, ça nous à apporté de gagner un peu d’argent, ensuite de jouer devant un public qui n’aurait pas forcément pu découvrir notre musique autrement sachant qu’on est un groupe "indépendant" et qu’on évolue principalement dans ce milieu. Et quand même, de jouer sur une énorme scène et devant a peu prêt 1000 personnes d’un coup !
Je crois que ça a fait parler de nous, suite à ça on a eu une proposition pour aller jouer au Brésil, on y va en août.


7- En écoutant votre premier album, on sent vos influences du côté de Dischord, Washington DC, couplé à des choses plutôt math-rock comme Don Caballero. Je me trompe ? Y'a t'il des groupes croisés sur la route, ou découvert sur cd, qui vous ont marqués récemment ? vous écoutez quoi dans le camion ?

Fugazi et Don Caballero (avec Ian Williams bien sûr) sont deux des meilleurs groupes de tous les temps, non ?

Je recommande ces quelques groupes rencontré en tournée : Adebisi Shank (Irlande), Marvins Revolt (Danemark), Rahim (USA), Super Adventure Club (Ecosse)…
"Nouveautés" que j’écoute, les autres ne te diraient certainement pas la même chose :
Dead Child, Why? “Alopecia”
Tout de suite: Lichens, c’est mortel mais il faut le voir en concert surtout !
Sur la route : Eric a acheté un ipod de 80 go juste avant de partir en tournée en Novembre dernier, donc vraiment tout et n’importe quoi, de Lee Scratch Perry à AC/DC en passant par Aphex Twin…



8- Si vous avez quelques noms et recommandations à faire à propos de la scène Nantaise, groupes sur votre label, camarades de tournées … ?

De manière générale, ce qui sort sur les labels desquels on est proche, Effervescence et Kythibong. Il y a vraiment plein de groupes à Nantes, dans un registre un peu similaire au notre, je recommanderai Fordamage et Komandant Cobra (www.virb.com/komandantcobra). Sur le même label que nous, Percevalmusic est un projet intéressant, instrumental entre post/math rock et musique contemporaine, leur live est chouette aussi. Camarade de tournée : Adebisi Shank et Fordamage bien sûr !


9- Niveau paroles, ça m'a l'air d'être assez vague et poétique, un peu dans la lignée de l'autre projet d'Eric "the Patriotic Sunday". Y'a t'il des sujets / thèmes particuliers que vous aimez ou aimeriez aborder ?

Eric écrit les textes. Je crois qu’il essaye de faire en sorte que l’auditeur puisse lire entre les lignes, que les textes puissent être interprétés de différentes manières. Il ne fige pas un texte sur un sujet arrêté, genre ce morceau parle de telle chose, un morceau est un ensemble de sujets. On peut se demander ce qu’il entend par telle ou telle phrase ou pourquoi il utilise précisément un mot dans tel contexte, mais je pense que c’est justement là où est la qualité, ça a le sens ou les sens qu’on veut bien lui donner. Il travail aussi beaucoup sur le rythme et la musicalité des mots en plus de trouver une trame mélodique au morceau.

Il écrit les textes en fonction de son expérience, de la notre dans ce qui nous entoure, je suis désolé je ne peux pas être plus précis, il faut écouter le disque.


10- Vous avez déjà quelques nouveaux morceaux, la prochaine production discographique est prévue pour quand ? sous quelle forme ?

On va enregistrer notre prochain disque en août prochain, ce sera un vrai album ce coup ci.
Il devrait sortir à l’automne prochain si tout va bien, en cd et vynil.


11- Vous jouez cet été au festival ATP, chouette opportunité aux côtés de beaux groupes tels que Explosions in the sky, Dinosaur Jr, Envy, …And you will know us by the trail of dead, the Constantines, … Vous avez dégottés ce plan comment ??


En fait, c’était le week-end dernier (du 16 au 18 mai), à Minehead au Royaume-Uni. On a joué le vendredi soir. Le concept du festival est que chaque année, l’ATP choisi un groupe et lui demande de faire la programmation. Cette année c’était Explosions in the Sky. C’est un peu un concours de circonstances en plus du fait qu’ils aiment bien notre musique. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer Munaf Rayani, un des guitaristes du groupe, lors de leurs venues en France, et il y a quasiment un an, à Paris, un de nos potes lui avait donné notre disque. Sans compter qu’en septembre dernier, mon cousin les a fait jouer au Mexique, où il vit.


12- tribune libre !


Merci encore à toi, Dam, et à Manu pour le concert de novembre dernier à Clermont !
La bise à Bounce !
(depuis cette interview, Papier Tigre a fait une tournée au Brésil, une tournée aux Etats-Unis, et s’apprête à tourner intensivement partout en Europe pour la sortie de leur très attendu second album).

http://www.myspace.com/papiertigre

mardi 20 mai 2008

YOUTH WAY RECORDS - mai 2008

Youth way records est présent dans le microcosme punk rock français depuis un petit moment maintenant. Label orienté plutôt punk rock mélo au départ, il a su évoluer et se bonifier avec le temps. Alex répond à quelques questions sur l'histoire du label, les groupes, et sa vision de la musique.



Tu peux nous présenter le label YWR ? L’historique, vos activités, les groupes moteurs ?

Le label a été crée en 2001 par 3 membres du groupe Against You (Cédric, Aymeric et moi même) et par un membre de Garden Dwarves (Flo). Les deux groupes en question ne sont plus en activités depuis quelques années.
On a commencé le label car on cherchait une structure capable d'assumer la sortie de l'album d'Against You... en fait on s'est vite apperçus que tout le monde s'en foutait et on a pris le problème à bras le corps en montant notre propre structure. Au passage, on en a fait profiter les copains : Mister McFart, Side Issue et Twisted Minds qui commençait tout juste.
Aujourd'hui, les groupes "moteurs" du label sont Twisted Minds et Reaction... quoique les petits nouveaux de Exit Wounds en ont vraiment sous la pédale et se bougent comme des dingues.



Je vous ai connu à la sortie de la compile "makes real punk-rock vol.1". Je crois que cette compile vous a bien aidé à vous faire un nom sur le territoire français de par sa qualité, et a promouvoir un peu les groupes du label. Un volume deux était en prévision et annoncé, va t’il sortir un jour ?


On a passé quasiment un an à bosser sur le volume 2 de Makes Real Punk Rock, la compil était prête à partir au pressage, mais on a eu des soucis : tout d'abord certains groupes ont splittés, comme Mister McFart... ensuite il n'était plus prévu de sortir le prochain album de Side Issue... enfin, on était pas certains de sortir les futurs albums des groupes étrangers qu'on avait en licence, Easyway et GAS Drummers (en fait, les premiers cherchaient un plus gros deal et les seconds sont maintenant distribués en France directement par B Core, leur label en Espagne). On a donc réfléchi à tout ça et au final on s'est dit que la compil n'aurait plus spécialement d'intérêt; ajouté à ça la baisse perpétuelle des ventes de CDs en France, on a vraiment pensé que ce serait de l'argent jeté par les fenêtres.


Le label sors de plus en plus de cds de groupes étrangers (easyway, gas drummers, antillectual, …). Est-ce du à un manque de groupes intéressant en France dans les styles auxquels YWR s’intéresse ?

Non, c'est pas par manque d'intérêts des groupes français... loin de là ! Disons qu'au fur et à mesure des tournées, on rencontre des gens et on crée des affinités. C'est comme ça que fonctionne le label : Nous ne sommes pas une machine à fric, juste un label associatif qui essaie de la manière la plus DIY possible de sortir des albums et de monter des petites tournées.


Que penses–tu de la scène française actuelle en terme de groupes / structures / public, toi qui a vu un peu comment cela se passe à l’étranger par le biais des tournées avec Twisted minds ?

Il y a de bons groupes dans la scène française, je pense notamment à des gens comme Flying Donuts ou encore Baxter qui sont sur le point de trouver le rythme de croisière. Au niveau structurel, c'est le chaos total : la France est le pays de l'exception culturelle. Il y a de bonnes volontés de la part des institutions pour développer ce qu'ils appellent la scène alternative. Au final, on se retrouve avec un parc de superbes salles en France, flambantes neuves... là ou le bas blesse, c'est que ces salles sont la plupart du temps dirigées par des personnes qui ne sont pas forcément très intéressées par le Punk Rock ou le rock extrême au sens large du terme. On a donc un joli réseau de salles, mais on y retrouve toujours les mêmes artistes, ceux là même qu'on retrouve en couv des Inrocks ou ce genre de canard. Les salles indépendantes en France pour la plupart s'apparentent à des cafés concerts et du manière globale, les lieux ferment les uns après les autres : descentes de flics, plaintes pour tapage nocturnes, etc... La grosse différence avec des pays comme l'Allemagne par exemple, c'est au niveau des gestionnaires. On a joué à Koblenz pas plus tard qu'il y a 15 jours avec Twisted Minds et les MJC là bas sont dirigées par des "jeunes", j'entends par jeunes des gens qui n'ont pas forcément fait une école d'administration et de gestion des arts et spectacles. Au final, ça s'en ressent vraiment sur le type de programmation.

Du point de vue public, disons qu'il n'y a jamais eu vraiment un grand public pour le punk rock en France. Je pense même que les choses ne vont pas en s'arrangeant ! Je pense que les gens en ont ras le bol d'aller voir des concerts sans gout ni odeur dans une salle où les vigiles te virent à coup de pompe dans le cul au premier slam... Dans les différents pays où nous avons joué, les jeunes sortent en concert comme ils sortiraient pour aller en boite. Ils ont toujours cette curiosité de découvrir des nouveaux sons. En France, ça fait bien longtemps qu'on nous a imposé la culture musicale : en gros, si tu veux écouter autre chose que la merde estampillée "nouvelle scène française" ou les chartbusters il faut oublier la télé et la radio et foncer découvrir des artistes sur le net ou dans le peu de magasins indés qui existent encore... à force de croire que le public n'est pas capable de comprendre certaines musiques, les directeurs artistiques ont formaté tout ce qui pouvait se faire chez nous. Au final, si le public ne va pas fouiner, il devra se contenter des quelques merdes qu'on nous distille à coup de pubs et autres émissions de TV réalité.


Peux-tu nous parler un peu du projet European label group ? Commencez-vous à sentir les retombées de cet union ?

On a commencé à réfléchir au concept de European Label Groupe Daniel de RP Punkrock et moi en regardant ce qui se faisant un peu outre atalantique, notamment Union Label Group. A force de rencontrer des gens sur la route, tu te rends compte que dans tous les pays le problème reste le même : trouver de l'argent pour presser et se faire distribuer. On a donc mis en route ce European Label Group en se disant qu'on arriverait au minimum déjà à réduire les frais de pressages et surtout, le but principal était de pouvoir profiter des contacts des uns et des autres pour distribuer les groupes partout et leur monter des tournées. Pour le moment, c'est parti tranquillement, mais on a déjà quelques retombées bien positives, comme par exemple la sortie des albums de Reaction et Twisted Minds en France, Allemagne, Suisse et Autriche.


Le label est dans la place depuis quelques années déjà. Avez vous, à votre niveau, pu voir l’impact des nouvelles technologies sur le système classique de l’édition et de la distribution musicale ?


Ce qui est clair, c'est que les gens achètent de moins en moins de CDs et au sens large de produits matérialisés... la tendance est au mp3. Après tout pourquoi pas, pour ceux que la compression ne dérange pas, c'est pratique et surtout pas très cher quand on passe par une plateforme de peer to peer. Nous sommes des puristes et nous continuerons à presser nos albums tant qu'il y aura des gens pour les acheter : on trouve encore des gens qui aiment les objets, c'est pour ça qu'on a essayé pour nos dernières prods de faire des trucs plus attractifs, comme des Digipacks avec un gros livret dedans, ou dernièrement, le dernier album de Twisted Minds en vinyl picture disc.


Question un peu bateau autour de ce sujet, que penses-tu du téléchargement ? Faites vous appel à des plateformes de téléchargement légales pour diffuser vos productions, et qu’en pensez vous ? Parallèlement, que penses-tu du format vinyl ? Le label n’a pour l’instant sorti que des cds, mais je crois qu’un picture disc du dernier TM est en projet ?

Le téléchargement c'est cool pour découvrir de nouveaux groupes. Je pars du principe que si tu veux découvrir un groupe, tu peux télécharger leur album... ensuite, si vraiment tu aimes le groupe et que tu as envie de le soutenir, alors il faut acheter l'album ou le voler dans un magasin (les magasins sont assurés et le groupe est quand même rémunéré :) ). Si t'as pas de thunes, t'as pas de thunes et c'est tout, tu te graves l'album et à l'occasion tu passeras voir le groupe en concert. Nos prods sont toutes en téléchargement sur des plateformes (les-independants.com et divers magasins genre Fnac.com, etc..) à vrai dire, c'est pas notre priorité, je trouve ça pas terrible de vendre du mp3.
Le vinyl : je pense que tous les gens qui aiment le rock sont un peu restés amoureux de ce support.. presque personne n'a encore de platine, mais l'objet en lui même est beau... c'est pour ça qu'on a voulu se faire un petit plaisir et qu'on sort en coprod avec YWR, Oni Red Chords et GPS Prod "Neo Dogmas" de Twisted Minds en version deluxe picture disc 33tours avec pochette carton couleur et insert !


Qu’est ce qui t’as poussé à créer un label il y a quelques années ? Quel bilan en tires-tu aujourd’hui ?

On voulait sortir notre première galette et arrêter de dépendre de tous ces gens qui se prennent pour les rois du monde et qui ont droit de vie ou de mort sur ta musique. Au final, on a une indépendance totale. C'est certain qu'il y a un tas de portes qui resteront à jamais fermées, mais c'est le prix à payer pour continuer à faire ce que tu aimes et pas te prendre la tête avec un D.A. à la con qui t'explique que "t'es pas assez fun".
Niveau bilan, je sais pas trop : le label n'est pas devenu mon métier mais reste toujours une passion. En tout cas, c'est devenu une façon de fonctionner et on a rencontré plein de monde, de groupes, je pense que l'objectif est rempli... ça m'intéresse pas vraiment d'être le prochain Epitaph.


La plupart des groupes signés sur YWR évoluent dans le milieu punk rock underground. Aimerais-tu les porter à un plus haut niveau, ou penses tu que le punk-rock doit rester indépendant ?
Que penses-tu de l’éternel débat français / anglais ; des groupes français qui se mettent à chanter dans la langue de Molière pour avoir une meilleure visibilité, après quelques années et productions dans le microcosme punk-rock (Minimum serious, Side issue, Fickle, …) ?


C'est certain que si nos groupes pouvaient, tout en gardant la même musique, avoir de plus grosses opportunités de scènes, de distribution, etc.. je serai super heureux : le but à la base quand nous avons crée le label, c'était de servir de tremplin. Si demain l'un de mes groupes me dit qu'il a un deal avec un gros label et qu'on leur demande rien de plus que leur zik, alors j'applaudis à deux mains et je me dirai que tout ce travail aura servi à quelque chose.

Français ou anglais, telle est la question... certains groupes chantent en français et on aurait du mal à l'imaginer autrement, comme Guerilla Poubelle par exemple... par contre, je trouve ça parfaitement ridicule de reprendre des morceaux anglais en français pour en faire un single. En fait, c'est pas avec le français que j'ai du mal, mais plutôt avec les personnes qui vont essayer de te convaincre que tu DOIS chanter en français parce que sinon le publique ne comprend pas.. une fois de plus, il faut arrêter de prendre les gens pour des débiles : tu fais la zik que t'aimes à la base et ensuite tu la partages sur scène : si les gens aiment c'est cool, s'ils n'aiment pas c'est pas très grave, il y aura peut être plus tard des gens qui s'extasieront en criant au chef d'oeuvre... Pour conlure là dessus, je trouve que le hard core, le punk mélo, etc... sont faits pour chanter en anglais, mais ça n'engage que moi; si les mecs sont persuadés de leurs intentions et que chanter français ou en serbo croate leur fait plaisir, alors pas de problème, l'important c'est l'honnêteté, l'intention et de croire à ce que tu fais.


Tu joues également dans Twisted Minds, quatuor punk-hxc originaire d’Annecy, tu peux nous parler un peu du groupe et de son actualité ?

Le groupe est formé depuis 2001 je crois, mais je ne les ai rejoins qu'en 2003... on a sorti un EP et un album depuis. Niveau aactu, on a le vinyl picture disc 33T de "Neo Dogmas" qui sort sous peu et sinon on essaie de tourner un maximum parce que c'est ce qu'on aime : voyager, rencontrer des gens, faire la fête... là on rentre juste d'une méga tournée dans les pays de l'est. On a traversé l'Allemagne, la Pologne, la Hongrie, l'Autriche et la Slovénie. On repart en septembre Octobre pour faire l'Espagne et le Portugal et on a toujours en tête de refaire une tournée au Brésil comme en 2005. C'est chiant à dire, mais de plus en plus on se fatigue de jouer en France : les conditions sont souvent déplorables : pas à cause des organisateurs, mais plutôt à cause des gens qui ne se déplacent peu ou plus et surtout que les bons lieux ferment les uns derrières les autres au profit de jolies salles asceptisées où la prog est limite définie par arrêté ministériel. Les organisateurs de petits concerts en France ont beaucoup de mérite, parce que rien n'est fait pour les aider. Aussi, un message aux gens qui se plaignent de ne pas avoir de concerts punk rock dans leur coin : il ne suffit pas de le dire, il faut aussi y aller quand il y 'en a, même s'il n'y a que des groupes locaux ! un patron de salle qui voit qu'au 3eme concert de punk qu'il fait seuls 20 mecs se sont déplacés, il va vite préférer faire des soirées karaoké...


Qu’est ce qui tourne sur ta platine en ce moment ? Les livres qui traînent sur ta table de chevet ? Films bloqués dans le lecteur dvd ?

En ce moment, j'écoute l'album 'Normal' de Bumblefoot (le groupe de Ron Thal), le dernier Converge, le dernier In Flames, le dernier Children Of Bodom, le dernier Mesuhggah, le dernier Avantasia, et le dernier CD de IN-SANE un putain de groupe Slovéne... je suis en train de réfléchir, mais non, ça fait un petit moment que j'ai pas écouté de punk à roulettes.
Les bouquins : je viens de terminer "1984" de Orwell, un pur chef d’œuvre basé sur une vision prophétique d'une société totalitaire, je lis "Dead Zone" de King (pas trop d'avis là dessus pour le moment, c'est mon premier S. King de ma vie), "Petite histoire du temps" de S. Hawkins (c'est un traité d'astrophysique qui parle d'espace temps et d'équations mathématiques... hum, oui...) et enfin j'ai commencé à lire le Seigneur des Anneaux en version originale.
Niveau films, je suis pas un gros cinéphile... j'ai maté dernièrement le DVD vendu avec le dernier InFlames, c'est un journal de studio super bien fait qu'ils ont fait lors de leur dernier passage en studio... sinon, j'ai pas mal aimé 99 Francs et on m'a conseillé de mater Into the Wild.


As-tu des modèles en tant que label ? Des groupes que tu rêves de produire ?

Des modèles pas vraiment... mais parfois je me dis que ce serait cool d'avoir le même portefeuilles que Epitaph ou Fat Wreck.


L’actualité et le futur pour YWR ? l’actualité des groupes YWR ?

Pour le moment on a pas grand chose de vraiment planifier... le picture disc der Twisted Minds. On commence à réfléchir à un prochain EP pour Twisted Minds (mais pas avant Janvier 2009 je pense) et un album pour Exit Wounds (probablement Janvier 2009 aussi). J'ai quelques touches avec des groupes étrangers pour des sorties via European Label Group et aussi des coprods avec pas mal de labels Européens.
Niveau actu des groupes, les mecs d'Antillectual tournent comme des sauvages à travers le monde, Exit Wounds assure grave et fait un max de dates et sinon on essaie de parcourir l'Europe dans toutes les directions avec Twisted Minds. Les mecs de The Reaction sont en stand by car Milouze, le bassiste part pour 6 mois en Australie pour s'aérer un peu le crâne.


Tribune libre !

Je pense que cette interview est déjà super longue, mais quoi ajouter :
- Sortez quand il y a des concerts punk ou hard core, même si l'affiche ne vous dit rien, on est pas à l'abris d'une bonne surprise
- Téléchargez un max de musiques, faites le tri et achetez l'album à ceux qui en auront le plus besoin, c'est à dire les mecs qui survivent de leur zik.
- Arrêtez de mater la télé
- Hébergez chez vous des sans papiers
- Portez plainte contre la police
- Ne revotez pas pour Nicolas Sarkozy

http://www.youthwayrecords.com

http://www.myspace.com/youthwayrecords

lundi 27 novembre 2006

DOMINIC - décembre 2006

Quatuor impressionnant qui joue un punk rock avec des côtés hardcore et rock and roll assez bluffant, à découvrir d'urgence pour les fans de la scène scandinave du genre.



Tout d'abord pourrait-tu présenter le groupe ? Et d'où vient cet étrange nom ?

Dominic c'est Ruben, Richard, Dan et Øyvind. On a tous grandis dans le nord de la Norvège, mais on aujourd'hui on vit dans la ville de Trondheim, à peu près au milieu de ce long et froid pays !

On a découverts la scène punk-rock vers le milieu/ la fin des années 90 à travers les vidéos de skateboard et de snowboard. Beaucoup de nos influences de départ venaient de ces films. Nous venons d'endroits un peu paumés et il faut vraiment s'activer pour remplir ses journées. On connaissait quelques personnes qui trainaient dans ce club pour jouer de la musique, et à notre tour on a commencés à y passer du temps après nos sessions nocturnes de skate l'été. C'était longtemps avant que Dan ne nous rejoigne. On l'a rencontré pendant l'été 2001 et on a commencés à jouer ensembles. Cela marchait super bien, et depuis on a juste continués.

Le nom Dominic fut en fait juste quelque chose qu'on a décidés pour donner un nom au projet à ce moment là, en 2001. Il n'a pas vraiment de sens, c'est juste un nom de groupe. Depuis on lui en a trouvés beaucoup, des bons et des mauvais, mais en tout cas on a décidés de le garder.


Parlons des nouveautés. Vous venez de sortir votre premier album, après avoir sortis un 10” et deux démos. Comment avez vous rencontrés les labels et où avez vous enregistrés ?

On a enregistrés et sortis nos démos nous mêmes. Le 10” et le dernier album sont tous les deux sortis grâce à des amis à nous. Des gens que nous avons rencontrés à travers la scène. Beaucoup des labels participant à l'album sont des gens que nous avons rencontrés sur notre première tournée européenne en octobre 2005. Richard et un ami à nous, Torgeir, ont également démarrés leur label récemment (Great Northern records) pour prendre part à la sortie cd de l'album.


Votre musique me rappelle un peu les débuts de Jr Ewing. C'était un groupe norvégien comme vous, et j'ai ouï dire que vous vous connaissiez. Quelles sont vos influences ? C'est une question bien difficile, mais quelles groupes écoutez vous, et qu'est ce qui vous donne envie d'écrire des chansons ?


En fait, JR Ewing est l'un des rare groupe hardcore/indie en Norvège qu'aucun de nous ne connaisse personnellement. mais on a beaucoup d'amis en communs. Quoiqu'il en soit, les débuts de JR Ewing avec le Lp Calling in dead et le 10” the Perfect drama font, avec d'autres disques et groupes, complètement partie de ceux qui ont influencés notre façon d'écrire des chansons. c'était un super groupe qui travaillait dur et ont accomplis beaucoup de choses pendant ces années ensembles.

Je pense que notre musique est influencée par tout ce qui nous entoure. Les groupes, la musique, la vie, la politique, les sentiments, les mélodies qui nous frappent... tu vois, à peu près tout. Personnellement j'écoute beaucoup de styles musicaux différents, allant du hip hop au post-rock en passant par la musique pop ou le hardcore. tant que c'est bon...

Je pense que tout jeune groupe qui démarre sur scène sonne comme ses influences, et tu peut facilement deviner les groupes qu'ils écoutent en ce moment. Mais après un moment tu va développer ta propre expression. J'espère que c'est le cas pour nous aussi. Que les quatre individus dont Dominic est constitué ont un son unique.


Vous revenez juste d'une tournée européenne. J'étais au show DIY dans ma ville, à Clermont-Ferrand, et j'imagine que vous avez aussi joués sur de plus gros concerts. Comment s'est passée cette tournée ? Des bons souvenirs j'imagine ? Comment ça s'est finit ?

Tout dans cette tournée était une expérience fantastique ! Voyager partout en Europe avec de bons amis pendant l'été, et rencontrer des tas de gens super cool chaque jour est un grand privilège. Bien sûr tu es parfois fatigué, à cause du manque de sommeil, de trajets trop longs et d'encore plus de manque de sommeil ! Mais c'est juste un aspect du fait d'être en tournée, et tu peut te reposer autant que tu veux quand tu rentre à la maison !

C'est difficile de choisir quel était le meilleur moment, mais on a fait une fête incroyable à Cologne et le concert à Dresde était l'un des concerts les plus cool que je n'ai jamais fait. On tournait avec nos bons amis Dying in motion pendant la moitié de la tournée et on a passés pas mal de bons moments ensembles.
Dominic + Dying in motion = une grande famille heureuse

La fin de la tournée ne s'est pas réellement passée comme prévue puisque notre van est tombé en rade et on a dû annuler nos quatre derniers concerts... On était bloqués dans une petite ville en Allemagne pendant quelques jours pendant que le camion était en réparation. C'était un coup assez dur pour nous, autant mentalement que financièrement. Mais les choses auraient pu être pires, si nous n'avions pas fait réparer le van on aurait pu avoir un accident assez dangereux sur l'autoroute, et je suis également content que tout ça nous soit arrivé sur la fin de la tournée. Cela aurait été pire juste après deux ou trois concerts.
Et on redescend en avril pour jouer, entres autres, les concerts qu'on a donc ratés la dernière fois.



Pouvez-vous parler un peu de la Norvège ? J'y ai habité 4 mois fin 2005 et j'ai trouvé la façon de vivre des gens totalement différente qu'en France. J'ai notamment trouvé que le climat était très influent sur les personnes. Et vivre à Trondheim (la dernière grosse ville avant le grand nord), avec de très longs hivers et étés doit être une expérience troublante pour des gens non habitués.
Et qu'en est-il de la scène et des groupes norvégiens ? J'ai vu que le gouvernement aidait beaucoup les groupes, et chaque ville à avoir de beaux clubs pour jouer. La Norvège a l'air d'être un pays cool pour les rockeurs !


Hmmm... Question difficile ! Il y a tant d'aspects différents sur la vie norvégienne qui me viennent en tête que je ne saurait par lequel commencer...
Mais pour répondre à ta question à propos du climat, je suis sûr que tu as raison sur le fait que cela a un effet sur nous. Tout d'abord la Norvège est un pays très long et le climat y diffère beaucoup selon que tu te trouve au Nord ou au Sud

Je pense que beaucoup de norvégiens peuvent paraître très introvertis, particulièrement durant les périodes hivernales qui durent à peu près d'Octobre/Novembre à Mars/Avril. Pendant ces mois, les gens restent principalement à l'intérieur, à part quand ils sont dehors en train de faire du ski de fond (rires). Non, mais en fait c'est assez naturel qu'il ne soit pas vraiment tentant de mettre le nez dehors quand il fait vraiment froid. En tout cas dès que l'été arrive et que le soleil réapparait, tout le se précipite dehors, enlève ses vêtements et profite des quelques mois d'été que l'on a ! Donc on peut dire que les choses changent pas mal selon les saisons.

Il n'y a a peu près que 4,5 millions d'habitants ici, donc c'est un pays relativement petit. Et très peu d'habitants au mètre carré (ndm : 14 hab/km2 contre plus de 100 en France) . La moitié des gens sont rassemblés sur les 3 ou 4 plus grosses villes du pays (ndm : Oslo, Bergen, Trondheim). Le reste des personnes vit dans des villes plus petites (ndm : j'habitais à Halden en Norvège, une ville de 30000 habitant avec la 3ème université du pays et l'un des plus important pôle de recherche). La nature est très présente chez nous, les montagnes, les fjords, les forêts,... Plus particulièrement au Nord et à l'Est du pays.

La scène indé norvégienne est en bonne santé à l'heure actuelle. Certains groupes piliers ont récemment splittés (The Spectacle et JR Ewing). Mais il y a toujours des groupes tels que Kaospilot, Desperado, Rumble in Rhodos, Snöras, Angora Static ou Manhattan Skyline (ces groupes sont ceux dont vous avez pu entendre parler en France et en Europe, mais il y en a d'autres moins connus et tout aussi bons) qui sont très actifs dans des genres totalement différents en ce moment. La scène n'est pas très grosse, et principalement concentrée autour des grandes villes. On est tous bons amis, ce qui est une bonne chose, il y a beaucoup d'entraide par exemple.

Et oui, le gouvernement peut financer beaucoup de choses ici, et supporte beaucoup la culture pour les jeunes en fait ! Donc si tu es un punk intelligent et que tu demande les bonnes aides, tu peut avoir un support financier non négligeable.


L'aspect vraiment bien d'une tournée est que tu rencontre beaucoup de nouvelles têtes chaque jour, ainsi que de nouveaux pays, cultures... C'était votre première tournée en dehors de la Norvège ? Quels ont été les meilleurs aspects des cultures que vous avez pu découvrir ?


c'est difficile d'isoler les meilleurs. Et les choses que tu as mentionné sont parmis les meilleurs sur une tournée, comme j'en ai parlé un peu avant. Mais c'est aussi un super sentiment de laisser toutes tes factures et ton travail derrière toi. Quand tu es en tournée tu ne doit pas penser plus loin que de A à B. Tu manges quand tu as faim, tu conduit à un endroit donné, tu joue et tu passes un bon moment.
Une façon très satisfaisante de vivre en fait ! Mais ce train de vie fatigue et use vite.
Etre en tournée est pour la plus grande partie une super expérience. mais non, ça n'était pas notre première tournée en dehors de Norvège . On a fait une dizaine de dates en Octobre 2005 (Belgique, France, Suisse, Autriche et République Tchèque), et on avait déjà un peu joués en Suède avant cela.


Les projets pour Dominic ?

Au printemps 2007 on va faire une petite tournée en Norvège et une dizaine de shows (Danemark, Allemagne et Belgique) avec Manhattan Skyline. On va également essayer d'enregistrer 2 ou 3 nouvelles chansons pour sortir un split avec The Third Memory. Et sûrement quelques festivals cet été en Norvège. Donc ouais, on va continuer tout ça !


Et en dehors du groupe que faites vous ?

Ruben travaille à l'hôpital d'ici, Richard est dans la création d'appartements innovatifs, Dan travaille dans un magasin de musique de temps à autres pendant que j'étudie le journalisme à l'université.


Enfin, de quoi parlent vos paroles ?


Les paroles sont souvent des observations personnelles du monde qui nous entoure, et tout ce que cela implique, de la politique aux relations humaines.
Tu peut accomplir et créer presque tout toi même. Avoir la foi en les choses positives auxquelles tu crois. Ne discrimine pas les autres à cause de leur look ou d'où ils viennent. C'est une chose basique mais primordiale. Et essaye de garder une attitude mental positive.

Il faut juste être conscient des choses que tu peut faire pour rendre ton environnement meilleur à vivre. Se poser des questions telles que “à qui va cet argent quand j'achète ça ou ça ?” etc.
Et toujours se souvenir qu'il y a beaucoup de gens dans ce monde qui ne peuvent pas se permettre de se soucier des choses que je viens de mentionner. Beaucoup passent leur journée juste à essayer de survivre, et se réveillent le matin en se demandant si ils auront de quoi manger et nourrir leur famille aujourd'hui. Des choses que beaucoup d'Européens et de Scandinaves devraient garder en mémoire.

Grand discours et sujet difficile, mais vrai.
Merci pour cette interview, on devrait se revoir en France bientôt, merci pour les questions qui étaient bonnes, et désolé d'avoir été si long à répondre !

www.myspace.com/dominicdgb

mercredi 15 novembre 2006

REJUVENATION RECORDS - novembre 2006

Ben voilà, Rejuvenation records, un label français assez récent mais qui se démarque du reste par la qualité des disques qu'il sort, un peu dans la lignée d'un Sanjam records ! Entretien réalisé mi novembre 2006 avec Greg.



Présentations de rigueur :

Salut, moi c'est Greg, je suis né en 77 (année punk ! héhé) et je m'occupe du label avec Agnès. Je suis un grand passionné de musique en général et plus particulièrement de punk-hardcore, je suis assez matérialiste avec les disques que je collectionne depuis l'âge de douze ans. Et souvent je me dit que c'est une grande tare...

A côté de ça je jouais dans Seanews (qui a splitté en septembre 2006), je joue dans Customers, et dans Rosa Ka (avec Mathieu de Kimmo et Guillaume de Uneven), une démo bientôt. Suite au split de Seanews j'ai remonté un projet du nom de Do You Compute ??? avec deux anciens Seanews (dont Fabien aussi dans Revok et Chewiii aussi dans Use Of Procedure) et Cyril (ex Belle Epoque et actuel Revok).
ça va tu suis toujours ? On bosse sur des compos en ce moment, on devrait avoir une démo d'ici février-mars 2007 si tout va bien.

J'ai aussi fait parti de At Five (avec Guiom de Kimmo et Gildas 1er batteur de Seanews), on a composé 4 titres et fait un seul concert avant de mettre le tout en standbye pour des raisons géographiques. On a enregistré en une journée cet éte la démo posthume (après deux ans sans avoir répété...) !



Comment a commencé le label ? Et d'où vient le nom ?


Le label a commencé en décembre 2003 lorsque l'on a décidé de sortir le split 7" Seanews / Unlogistic. On faisait une distro depuis environ deux ans, et on a voulu passer à quelque chose de plus "sérieux". ça me tenait à coeur depuis un moment de vouloir m'investir encore un peu plus dans la scène punk-rock on avait quelques sous de côté alors on a foncé.

Le nom vient d'un morceau de Killing Joke sur l'album "Fire Dances", j'ai toujours été un grand fan de ce groupe depuis tout gosse, alors c'est naturellement que je me suis mis à chercher un titre sur leurs pochettes d'album... J'aimais bien ce mot et son sens "rajeunissement". Et puis le punk-rock c'est un peu ça aussi non ? Une source de rajeunissement permanente ! En tout cas à mes yeux c'est un style de vie et quelque chose de très important qui a quelque part changé ma vie.


En quelques années et quelques rondelles, rejuvenation est devenu le label indé le plus excitant en France. Sur quels critères choisis tu les disques que tu sors? Tu as des modèles en tant que labels?

"Le label indé le plus excitant en France" ??? Ah bon ??? Bah putain... Merci du compliment ! Même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi !
Il y'en a d'autres de très bons, comme SK, Stonehenge, WeeWee, Radar Swarm, Pure Pain Sugar, Keben, Basement Apes, Theatre, Chimères, Emergence, Paranoid, Destructure, Modern City et j'en passe...

Les disques que nous sortons découlent toujours de rencontres, et il ne peut en être autrement. C'est très important à mes yeux. En gros je ne sors que des disques de groupes dont j'apprécie les gens et qui deviennent ou sont des amis. Il faut que ce soit moi qui propose et non l'inverse. Il n'y a pas de contrats ou de conneries du genre, notre relation est très sincère, et j'aime avoir l'impression de donner mon avis presque comme un membre du groupe. Evidemment, si tu es un pote et que j'aime pas ta musique, je vais pas me forcer non plus hein...héhé.
Les modèles, bah oui, évidemment, Dischord en premier lieu. Et après des centaines d'autres... tels Nova, X-Mist, Level Plane, Alternative Tentacles, Touch'n'Go, Ebullition, No Idea...


les 3 disques que tu es le plus fier d'avoir sorti (ou de sortir très prochainement) ?

Houlala...
C'est dur ça... Et bien certainement le LP de Epileptic en priorité, tout simplement parce que c'était un rêve de gosse qui se réalisait, je sortais un LP !!! Et qui plus est un excellent album ! Bon même si tout le monde semble se moquer éperdument de ce groupe qui est pourtant un des tout meilleurs de l'hexagone. Une musique très personnelle, très mature, un groupe qui rocke vraiment, de bons textes, un bon accent, des gens adorables, tout est réunit ! Quand est-ce que les gens se réveilleront vis à vis de ce groupe ? Bon c'est vrai ils ne tournent pas beaucoup, mais...
Ensuite c'est difficile, je les aime tous à égalité ces disques ! Ouais, je suis obligé de parler du coffret de Unlogistic, parce que c'est quand même un objet vraiment atypique, et un groupe qui a toujours représenté beaucoup pour moi. Ensuite, je me dis que le meilleur reste à venir, qui sait ?


ton avis sur la scène indé hexagonale ?

Elle ne va pas super bien... Je veux dire, les groupes se portent bien, il y'en a même de plus en plus, et de qualité, mais malheureusement j'ai l'impression que le public ne suit pas des masses... Les lieux de concerts ferment tous les uns après les autres (merci la (f)rance pays de la culture...), les organisateurs sont de plus en plus frileux et prennent de moins en moins de risque, les gens achètent de moins en moins de disques (nan je n'ai pas le discours de l'autre abruti de Universcrade, je dis juste que notre pouvoir d'achat est tellement réduit qu'il nous est de plus en plus difficile d'acheter tout ce que l'on aimerait, il faut faire des choix, et ça se ressent sur les petits labels aussi, et oui...). Donc pour résumer, c'est de plus en plus dur pour faire distribuer tes prods, aujourd'hui les "activistes punk" perdent plus d'argent qu'ils n'en gagnent (que ce soit les groupes, les labels, les distros, les organisateurs de concerts) et il y'a je trouve un manque de curiosité important, un manque d'investissement. Il ne faut pas hésiter à creuser derrière l'énorme couche de merde que l'industrie musicale essaye de nous imposer, même dans le circuit punk-rock.
Il y'a des tas de bons concerts qui se déroulent à deux pas de chez vous, renseignez-vous, bougez-vous, achetez vos disques directement auprès des groupes (ça coute moins cher, il n'y a pas d'intermédiaire !) et surtout faites des choses vous même et éteignez cette putain de télé !



un peu d'auto promo vu que tu joue dans seanews, l'actu du groupe ?


Et bien comme je te le disais, seanews a splitté... :)
Alors je vais plutôt te parler de Customers dont la prochaine démo ne devrait plus tarder et qui aura ensuite droit à la réunion des trois démos sur un LP prévu pour décembre sur Chimères. Le groupe a envie de bouffer du concerts. Alors si vous aimez les groupes hardcore dans l'esprit de Washington DC, époque 1981-83 mélangé à ce qui se fait depuis 2000 au Danemark, plus particulièrement à Copenhague ou encore les groupes canadiens du moment tels Carreer Suicide ou Terminal State, penchez une oreille...


tu écoutes quoi de beau en ce moment ?

Une question toujours difficile pour moi, comme je te disais plus haut, j'achète beaucoup de disques et donc j'écoute toujours un paquet de trucs en même temps, donc dans le désordre, mes derniers coups de coeur pour la France : Semi Playback, Beckfords, le nouveau Bananas At The Audience, Brume Retina, l'enregistrement tout récent de Use Of Procedure, Die Pretty, Crash taste, Friendly Fire, Binaire, Sincabeza, For Damage, Room 204, Looking For John G, Ken Park, Youssouf Today, Le Massacre Du Client De 15h, Death To Pigs.
Pour le reste du monde : No Nebraska !, Carrer Suicide, Life At These Speeds, Charlottefield, Science Of Yabra, Haram, Just A Fire, Mission Of Burma, Ten Volt Shock, Telemark, Tragedy, The Grey, Young Widows, Direct Control, Terminal State, End Of A Year, Lvmen, Municipal Waste, le dernier Converge, Silent Front, Regulations, Tubers, Please Inform The Captain This Is A Hijack, etc etc etc...


enfin, les projets du label, à court et à long terme ?

Toujours d'actualité, le coffret "Capitulation" du trio hardcore parisien à chanteurs variables Unlogistic est disponible depuis juin. Un superbe objet (sans vouloir se vanter) qui marque les 10 ans du groupe, comprenant le nouvel album "Capitulation" sur un CD, une discographie "Recapitulation" des démos, 7" et titres compils de leurs débuts (quand le groupe était encore un quatuor deux guitares, basse, batterie) sur un second CD et, enfin, un DVD comprenant un très bon concert à Villeurbanne en 2004 dans son intégralite + un bon paquet de "documentaires" qui vous permettront de rentrer dans l'intimité du groupe, surtout sur le bonus caché, mais j'en dis pas plus héhé. Cet objet est sorti en coproduction avec Waiting For An Angel, le label lyonnais qui dépose les armes en beauté. Par soucis de pouvoir le proposer à un prix le plus bas possible, ce disque n'est pas distribué en fnac et consorts, mais seulement par le biais de notre bon vieux réseau punk diy, distros, groupes et activistes en tout genre. N'hésitez pas à nous contacter pour plus d'infos !
On vient de recevoir la réédition du premier album des post-rockeux de Poitiers, Microfilm, dont les 1000 premieres exemplaires se sont très bien écoulés.
La nouvelle sortie c'est le split LP entre deux très bons groupes émocore de Poitiers, malheureusement encore trop méconnus, Die Pretty et Crash Taste (qui viennent d'ailleurs de faire une tournée commune pour marquer le coup). Penchez vous sur ces groupes, ils vont faire très mal d'ici quelques temps !
Beaucoup de choses en prévisions pour les mois à venir, peut être même que certaines ne verront jamais le jour (ça tient parfois à peu de choses...) : Le premier LP de Ken Park de St Etienne, hardcore à l'ancienne dans l'esprit de Negative Approach pour décembre 2006.
Les démos de At Five (émocore mid 90's) et Customers.
On va aider les copains de Use Of Procedure (trio noise de Paris quelque part entre Unwound, Jawbox et Jesus Lizard) pour la sortie de leur CD prévu pour la fin de l'année.
Et, dans un futur peut être un peu plus lointain (disons 2007), toujours sur Poitiers, le second album de Microfilm, le second album de Myra Lee et le premier album de Friendly Fire (trio post-hardcore comprenant des membres de Microfilm, Epileptic et Loisirs), ainsi qu'un split 7" entre les allemands noise-post-punk de Ten Volt Shock et les poitevins de Loisirs. Aux dernières nouvelles peut être que l'on participera aussi à un split 7 entre Brume Retina (screamo'n'roll de Versailles) et Looking For John G (noise à la Chicago de Paris).
Et toujours des organisations de concerts sur Paris. Nous n'en faisons pas énormément, c'est tout de même pas mal de taf, mais nous essayons toujours d'aider les copains de temps en temps.

Merci pour ton intérêt ! Portes toi bien !
A bientôt.

www.rejuvenationrecords.com

www.myspace.com/rejuvenationrecords

Rejuvenation, 97 rue H. Barbusse, 92110 Clichy, France





mardi 5 septembre 2006

POWER POULPE AND MUSIC - septembre 2006

Une asso de copain à Orléans qui se la bouge pour organiser des concerts et faire tourner des bons groupes (DevonMiles, Gravity Slaves et Baxters en tête). Entrevue avec Boris.



les présentations d'usage, qui es tu, d'où viens tu etc...

Je m'appelle Boris, voila 27 ans que je traine mes guêtres à Orléans, et je compte pas en bouger de si tôt ! Je préfère me casser régulièrement pour un week-end, une semaine lorsque je pars faire quelques concerts avec mon groupe DevonMiles (je joue de la gratte et je chante dans ce combo noise rock). Comme ca me suffit pas, je fais aussi régulièrement le roadie pour Gravity Slaves, Baxters, et parfois il m'est arrivé de conduire ou d'accompagner d'autres groupes comme Chewbacca All Stars, Burning Heads...
ça fait environ 10 ans que j'ai les deux pieds dans le rock aussi bien que dans l'univers associatif musical orléanais. Aujourd'hui je bosse pour le Pôle Régional Musiques Actuelles de la Région Centre, je suis chargé de communication (c'est ma formation). Entretemps, j'ai bossé 5 ans pour un zine inde qui s'appelait l'Oreille, et puis j'ai fait du road-service, de l'intérim, du conditionnement, de l'archivage, de la hotline...


power poulpe and music, c'est quoi ? ça a commencé comment ? ça a évolué comment? (et d'où viens cet étrange nom ?) un historique de l'assoce ?

PP&M, c'est tout connement une asso loi 1901. Elle est plutôt ancienne, puisqu'on l'a créé en 98 ou 99, avec mes comparses de lycée, a l'époque de notre premier groupe. On s'appelait "Banga", on faisait de la power pop, on a sorti 2 démos... et comme tout le monde, on a fini par créer cette asso pour pouvoir éditer des factures bidon sous Windows 95 avec Works pour vendre nos concerts, nos démos...
Comme cela pouvait se prévoir, Banga a splitté, mais on a gardés l'asso : je comptais pas arrêter de faire de la musique comme ça, on a monté DevonMiles assez rapidement et dès qu'on a eu besoin d'une asso pour gérer le truc, on a ressorti la bonne vieille PP&M.

Ensuite, on s'est revus un peu avec Youri (Federal, pour ceux qui connaissent) avec qui je jouais dans Banga. Il avait remonté un groupe aussi (Jellylike6) et on a décidés que PP&M serait un collectif de groupes. On a donc commencés a gérer de la promo pour les 2 groupes : stickers, envois, booking... on faisait ça du haut de nos 20 ans, sans prétention (comme maintenant, d'ailleurs).

On côtoyait de plus en plus les Gravity Slaves, qui eux aussi avaient besoin d'un coup de main pour la promo. De fil en aiguille, ils ont intégrés le collectif. Les Baxters ont suivi rapidement, ils sont devenus le groupe de jeunots du crew... il y a aussi Sukoï Fever (rock'n'roll) qui a fait appel a nos services a une époque, mais ça n'a pas trop collé.

Aujourd'hui, Power Poulpe a toujours à peu près le même rôle pour nos groupes : gérer l'identité visuelle des groupes, payer et effectuer des envois promo, éditer des supports de communication (stickers, flyers), gérer du merchandising (badges, t-shirts)... et surtout, on a garde l'image d'un collectif musical, avec des musiciens qui se conseillent, s'entraident, s'enregistrent les uns les autres, se prêtent du matériel...

les Burning Heads nous ont rejoints il y a quelques mois. Leur label Opposite Prod est donc très lié avec PP&M, qui n'avait jusque là sorti que des CD-R. L'activité de micro-label a toujours été un peu en annexe du reste, tout comme le fait qu'on organise des concerts dans les bars à Orléans. Notre but est surtout d'être utiles à nos 4 groupes.

Pour ce qui est du choix du nom, je n'ai plus les détails en tête... mais bon, on était 4 lascars de 17 ans qui cherchaient un nom pour leur asso. Je crois qu'on a trouvés le logo d'abord, ce poulpe nous plaisait grave... et puis on vénérait les groupes de power pop a la Weezer, etc. : donc, Power Poulpe... and Music, parce que le "&" à l'américaine ca faisait Starsky & Hutch, quoi !


à Orléans, ça se passe comment ? le passé, le présent le futur ?

Bah ça se passe, avec plus ou moins de monde aux concerts suivants les moments... toujours pas mal de groupes qui se forment, une belle SMAC (l'Astrolabe) où on arrive de temps en temps a faire des choses... mais surtout, il faut le dire, aucun petit lieu pour organiser des concerts "amplifiés" régulièrement. Pour résumer, tu peux faire jouer de l'accordéon ou de la folk autant que tu veux dans les bars orléanais. voire des groupes rockabilly en duo guitare-batterie... mais pour ce qui est du bon vieux guitare-basse-batterie qui avoine en décibels, tu peux repasser.
Ca nous fait chier d'être en lutte permanente pour pouvoir donner une place a cette culture de concerts rock dans les bars... mais on ne baisse pas les bras.

Le constat est beaucoup plus reluisant pour ce qui est des groupes, rien que dans le rock au sens large on a de tres bonnes choses ici : Chewbacca All Stars, Poney Club, Nesseria, et bien sur les groupes PP&M, Burning Heads en tête. On a vraiment pas a se plaindre, chaque génération amène de nouveaux groupes qui représentent pour Orlins rock city. Mais bon, un peu dommage qu'ils ne puissent pas se forger un public dans le moindre bar orléanais...


il me semble que tu conduisait des groupes avec ton van également à une époque, ça en est où ? des anecdotes à raconter ?

Effectivement, entre les divers tafs précaires que j'ai pu exercer ces 2 dernières années, j'ai fait un peu de route avec mon minibus... c'était une période bien cool, j'en garde beaucoup de très bons souvenirs. J'ai conduit de nombreux groupes un peu partout, ça serait difficile de limiter tout ça à une seule anecdote...
j'hésite entre plusieurs trucs : le Bar des Artistes a Laval avec les Homeboys, ou le barman (Serge, appelé "le druide") nous a servi des cocktails toute la nuit après le concert. Ce gars discute avec toi, cerne ta personnalité et ensuite il en déduit le cocktail que tu dois boire. Je sais pas comment j'ai fait pour ne pas vomir, mais mon pote Chris des Homeboys n'a pas eu cette chance. On a fini dans un hôtel, ou Sly a vidé tout un extincteur sur leur batteur qui était aux chiottes...

... Il y a aussi les Captain K. Verne, un groupe électro live dans lequel jouent Franck (ex-Portobello Bones et Seven Hate) et des anciens de Cornu. Je les ai emmenés a Bruxelles pour un concert a l'Ancienne Belgique (l'equivalent de l'Olympia) en première partie de Mickey 3D. Une de mes rares expériences "backstage" très classe, ça change ! Une soirée qui se termine dans une chambre d'hôtel 4 étoiles a mater la Star'Ac en s'enfumant avec le Franck, ca marque un homme.

Sans compter le bon paquet de dates avec Gravity Slaves, Baxters, et Burning Heads par extension... et bien sur quelques rencontres avec les diverses institutions représentant la loi sur nos routes. Ça serait trop long de raconter tout ça...



tu joue également dans un groupe, devonmiles, l'actualité ?

DevonMiles a sorti un EP 5 titres en février 2006, grace au label HB Records qui est géré par Sly, le bassiste des Homeboys. On a eu pas mal de bonnes chroniques, le son circule, et on a fait une bonne dizaine de dates un peu partout depuis la sortie.

Pour presenter DevonMiles à tes lecteurs : on est un groupe rock, à tendance noise. Certains nous rapprochent de Shellac (pour le basse-batterie), de Fugazi, Portobello Bones, Pretty Girls Make Graves, Prohibition, Condense... on fait une musique alambiquée, groovy, mais très rock'n'roll quand même. On a pas de plan de carrière, on aime se faire plaisir le dimanche, et à côté de ça on a des vies bien remplies... ce qui explique qu'on ne tourne que les week-ends, en faisant environ une dizaine de concerts par an, et rarement plus.

Depuis l'été, on se terre dans le local, on compose. Je me (re)mets a faire un peu de clavier, j'ai envie de grosses tartines de son analogique en ce moment. En fait on voudrait faire un album, avec 10 ou 12 titres. C'est ce qui nous manque, un vrai long format... pas évident de trouver une distrib avec un 5 titres. On a un plan d'attaque pour l'album. Mais on va travailler a mort les compos avant tout...


pour power and poulpe and music, quel est l'avenir ?

On se pose pas trop de questions, on continue a faire ce qu'on sait faire : promouvoir les sorties de nos groupes (en ce moment, c'est le nouveau Gravity Slaves qui occupe notre temps libre) et également celles d'Opposite Prod, le label des Burning. on bosse donc doublement sur le Gravity Slaves, "Dust", qui sort chez Opposite en même temps que l'album de Trouble Everyday.

On s'était remis a l'orga concerts en bars, mais le Germinal.com, dans lequel on a programmés 2 ou 3 concerts cet été et a la rentrée, vient de se faire interdire les concerts par la municipalité d'Orleans. On retourne donc au zéro absolu, plus de lieu donc plus de concerts... la suite au prochain épisode. Mais ça nous fait grave chier.


le punk rock en france ça t'évoque quoi ?

Ouh la, vaste question... si tu parles du style musical, eh bien ça m'évoque quelques bons groupes qui ont su transcender ce genre qui n'est pas forcément mon péché mignon au départ : Seven Hate, Burning Heads, Homeboys, Flying Donuts, Second Rate... ce style est très lié avec l'esprit DIY qui va avec. Moi c'est plutôt l'esprit qui me plait dans tout ça... en gros, ça m'évoque l'entraide, le catering à base de chips et de rillettes, tout un tas de noms de bières tièdes qui finissent par "brau", quelques lieux qui résistent, avec maximum une cinquantaine de personnes dans le public. Que ce soit du punk, de la noise, du hardcore... pour ce qui est des groupes, ce dont on peut être fier c'est que les meilleurs groupes underground en France sont aussi les plus intègres.


tribune libre, si tu as quelconque message à faire passer !

Je me suis marié et je viens de m'acheter une maison. Je suis content.


http://blog-art.com/ppandm

samedi 15 avril 2006

POWELL - avril 2006

Au Mans y'à pas qu'un circuit de bagnoles et des fabricants de rillettes comme le prouve ce quatuor qui nous rappelle Portobello bones remanié au goût du jour et qui viens de sortir son premier album depuis cette interview, réalisée en avril 2006, Rity de l'autre côté de l'écran.



Une petite présentation s'impose... Qui, où, quand,pourquoi, et pourquoi Powell d'ailleurs?

Powell est né en septembre 2003. A la base du groupe Rity et Dimitri dans une envie commune de développer un univers brut et minimal. Puis comme par magie, Joris (batterie) et La Djag (basse) se sont greffés très rapidement. Très vite nous avons eu envie ensemble de travailler autour d'une recherche musicale commune qui nous ressemble. Le nom de Powell parce qu'il fallait un nom de groupe. Powell est un nom commun au USA comme Dupont chez nous. Un côté "normal", puis Mike Powell, le sauteur en longueur est un homme qui nous a fait vibrer


Après deux démos, vous avez sortis le 4 ways split avec clumsy, atomic et down to earth. comment a mûrit ce projet, et quels sont les répercussions depuis sa sortie?

Le projet du split est né de la volonté de Mattshowman (yr letter records). Nous avons tout de suite été emballé de participer à ce projet avec d'autres groupes français qui déboitent. A cette période, nous cherchions à retourner en studio pour finaliser quelques trouvailles. Très vite, 4 titres ont été mis en boîte. Le split est bien reçu, autant pour la démarche ambitieuse de Mattshowman que le contenu. 4 groupes à l'approche musicale et l'univers différent mais une complémentarité artistique certaine.


En écoutant votre musique, on ressent une forte différence avec ce qui se fait en ce moment sur la scène française. un bon retour au source punk rock, noise. Vous pouvez nous citer quelques influences ?


Là c'est dur dur car nous sommes tous les quatres dans des univers différents. Rity et Dimitri se nourissent de rock indé, Joris a longtemps écouté du jazz funk et La djag est très ouvert sur tous les styles musicaux. C'est une richesse car nous ne composons ainsi pas comme des fans d'un style. Nous sommes cependant attachés à la scene de Washington. Ce qui sort de chez Dischord nous laisse rarement indifférents. Il ya aussi Refused, Chokebore, Engine Down, Fugazi, Karaté, Reiziger, At the drive in, Quicksand... (Que des groupes morts!!!!!!) La scène Française nous touche avec des groupes comme Condense, Portobello Bones, ou encore Sleepers. En ce moment, nous sommes unanimes sur Gatechien et S-pam avec qui nous avons joués.


Comment composez vous généralement ?

C'est très variable. La plupart du temps, je propose un riff ou une suite d'accords, une rythmique. Puis très vite les gars s'approprient l'univers proposé et mettent leur touche personnelle. Du coup, la compo évolue jusqu'à ce que nous soyons tous satisfaits. Il faut parfois plusieurs repets pour trouver le ton juste. Notre préoccupation est la recherche d'univers, une invitation au voyage accompagné de changements brusques de cap quand cela s'impose à nous. C'est passionnant de voir comment une idée de départ peut se trouver complètement métamorphosée.



Quels sujets abordez vous dans vos paroles ?

Les textes de Powell sont des Polaroïd. Des descriptions de lieux, d'atmosphères, de situation en essayant de laisser une place à l'imaginaire de l'auditeur. Ne pas trop en dire pour que chacun y trouve son histoire et son ressenti. On y parle de moments précis, parfois à la seconde près. Propose une photographie et demande à des gens de t'expliquer ce qu'ils y voient. Tu trouveras autant de réponse que d'interlocuteurs. Les textes de Powell vont dans ce sens.


Au niveau de punk rock en france, vous vous sentez des affiliations ?

Nous sommes solidaires des démarches artistiques présentes en France et cela dépasse le cadre musical. Il ya des groupes avec qui nous sommes régulièrement en contact (Gatechien, S-pam, Bushmen...) Après, nous sommes trop timides...


Pas grand chose à voir avec la musique, mais en dehors du groupe, vous faites quoi ? le Cpe ça vous inspire quoi ?

En dehors du groupe, nous avons des métiers respectifs car ce n'est pas le rock qui rempli le frigo et qui met du beurre dans les sandwiches. Dimitri est psy (eh oui), rity est danseur-chorégraphe contemporain (étonnant non?) Joris bosse dans une boîte de télécommunication et La djag travaille comme régisseur dans les nouveaux locaux de repets ( Le Silo) ouverts au Mans depuis Septembre

Le CPE est la goutte qui fait déborder le vase (expression a la con) La précarité est de plus en plus flagrante dans ce pays. De la précarité nait la peur, de la peur nait l'imobilisme, et l'imobilisme prépare le fascisme. Alors... bougeons dans les urnes, même si parfois on y croit plus et que le gouvernement tend à diviser les opinions. Voter blanc est un acte citoyen et plus déstabilisant que de ne pas aller voter. Si en 2001, les français avaient voté blanc au second tour, on en serait pas là je pense.


Les projets pour les prochains mois ? un album à l'horizon ?

Un album est en cours de réflexion, mais pas avant la fin 2006.


Le mot de la fin est pour vous


Putain, ça c'est dur car il y aurait tant à dire. C'est dans le respect, l'amour des autres et la solidarité que nous sortons meilleurs (la vache, j'me suis déchiré sur ce coup là)

http://www.powell.tk

http://www.myspace.com/powell

samedi 15 janvier 2005

KIDSGOFREE - janvier 2005

Après avoir rencontré ce groupe formidable (autant musicalement qu'humainement) début décembre 2004 lors de la mini tournée française que j'ai organisé avec Guillaume de gandoo records, une interview des Espagnols s'imposait forcément... Il n'est jamais trop tard pour découvrir ce groupe excellent ! Rencontre avec Jorge, guitariste/chanteur.



Salut ! Pouvez vous présenter KIDSGOFREE aux gens qui ne vous connaissent pas encore?

Jorge : Bien sur ! Donc... Brian tiens la lead guitare, Eduardo joue de la basse, Pablo de la batterie et moi de la guitare et je chante.
Sinon Brian est mon frère.
On vient tous d'une ville en Espagne qui se nomme Torrelavega, située dans la province de Cantabria, très près de Santander et de Bilbao.
Mon frère et moi avons la double nationalité anglaise mais on a été élevés en Espagne.
Je suis le plus vieux du groupe, j'ai 25 ans, et Brian est le plus jeune il en a 23.
Sinon on a tous finit d'étudier à part Eduardo. Donc pour l'instant je suis prof d'anglais dans l'école anglaise de mes parents, mon frère Brian travaille à Radio Station à Madrid, Pablo est architecte et Villalon a du mal à avoir son diplôme!!


Ok, et Brian m'a dit qu'il étudiait pour être ingé son ?

En fait il a pris des cours l'an dernier, après avoir fini ses études de design industriel à Londres. Et là donc il bosse dans une radio, ça fait partie de ses cours... Mais il aimerait être ingénieur du son... Mais c'est un métier difficile, et il n'y a pas beaucoup de débouchés...
(Brian nous avait expliqué qu'il bosse dans une radio pour les chauffeurs de taxi, qui appellent et parle de la hausse du prix de l'essence, des travaux dans Madrid, etc... !)


Oui c'est sur... Donc comment faites vous pour répéter, alors que Brian vit super loin de vous, qu'il joue dans Half foot outside, qui prend pas mal de temps, et que vous etes trois sur 4 à bosser ?

C'est difficile de répéter... quasiment impossible même ! On fait plus de concerts que l'on ne répète...


Héhé, comme nofx, deux répètes par an ?

Ouais ! On ne répète que pendant les vacances, l'été, à Pâques, à Noël...
Cet été on a pas mal répétés car on devait enregistrer l'album ensuite, mais il est clair qu'on fait plus de concerts que l'on ne répète ! Et HALF FOOT OUTSIDE ont le même problème... Mais on a l'habitude ; Brian et moi avons étudiés à Londres pendant quelques années, donc ça a toujours été comme ça.


Vous jouez en Espagne la plupart du temps, malgré que vous soyez aussi sur un label français (Sanjam recordings), comment cela se fait ?

Ben il est tout simplement plus facile pour nous de jouer en Espagne qu'en France... C'est très difficile en France (peu de contact, peu de temps, cher... ). Et à coté de ça... je pense que la culture française est différente en général... il est plus difficile de retenir l'attention des gens, tu ne trouves pas ?
Mais nous étions si heureux que Sanjam soit intéressé pour sortir notre album ici ! Yann a vraiment été formidable avec nous, et quand on lui a envoyé une copie du nouvel album récemment, on redoutait vraiment qu'il l'aime moins que “E” !...


Ben en fait... la scène indé ici est... très indé !! Difficile de trouver des concerts et des gens qui organisent, et surtout difficile de trouver un public !

Oh, tu penses ? Yann nous as toujours dit qu'il était difficile de tourner en France... On a eu de la chance de faire un week-end ici.


Et malheureusement pas mal de jeunes écoutent les merdes américaines, les nouvelles sensations emoshit, alors qu'ils ont des groupes vraiment terribles qui jouent le soir même dans un bar de leur ville ! Aina avaient un peu joués en France, ils étaient amis avec des groupes français, vous devez faire la même chose ! (rires)

Ben on a été assez impressionnés du talent par ici... Les groupes avec lesquels on a joués étaient tous excellents !! EREVAN, MADUCKSPLATYPUS, EVERLONG, GARFIELD, etc...
On a vraiment hâte de revenir, on espère en avoir l'occasion à nouveau !



Nous aussi ! Ok peut tu évoquer un peu vos/tes influences ?


Héhé, nous avons beaucoup, des tas d'influences !! Et chacun de nous en a des différentes. Les groupes qui nous mettent à peu près d'accord sont des trucs du style Ken Stringfellow, Half foot outside, Aina, Faraquet, Elliott smith, Foo Fighters, Mxpx, elliott, engine down, Fugazi, Death Cab For Cutie, Shudder to Think, et encore pas mal d'autres !


Comment se porte la musique espagnole ? les groupes, la scène indé ?


Alors... en Espagne en ce moment les groupes “à la mode” (dans la scène indé) sont the Unfinished Sympathy et Tokyo sex destruction... et principalement des groupes Bcore. Bcore est assez important en Espagne, surtout avec des groupes tels que Standstill, the Unfinished Sympathy et Tokyo Sex Destruction.


Ouais, ils sont vraiment gros en Espagne ?

Disons qu'ils passent sur Mtv assez souvent ! Ils sont “gros” dans la scène indé... Ils sont sur Mtv, ça en dit long...


Et à propos des concerts ? Des différences avec ce que vous avez pu voir en France ?

Ben il y a pas mal de concerts en Espagne... Mais principalement au pays basque (Bilbao, San sebastian) et à Barcelone. En France les concerts étaient vraiment sympas, on était vraiment contents, mais on a fait que deux dates ici... donc on peut pas vraiment se rendre compte des différences...
Les groupes que l'on a rencontrés nous ont dit que c'était très dur de jouer ici, et cher aussi !


Ok, pour revenir à Mtv... Que pensez vous de ce média ? Si vous aviez l'opportunité d'avoir un clip en rotation sur la chaine, la saisiriez vous ?


Avant on était vraiment contre tout ça... Mais maintenant c'est différent. On veux que les gens aient l'opportunité de pouvoir nous connaitre, tous types de personnes, et je trouve ça marrant d'avoir ton clip à la télé !...
Mais mtv je ne sais pas si on accepterait... Je pense que oui...
Ce serait vraiment sympa d'avoir plus de gens qui nous connaissent, et ça aiderait pas mal Underhill... On aimerait grossir parallèlement à Underhill records... et bien sr Sanjam recordings !
Mais on a jamais vraiment parlés de tout ça entres nous, car je ne pense pas qu'on aura cette chance... Les gens en Espagne ne comprennent pas vraiment notre musique, donc je doute fort qu'on sera un jour sur Mtv, mais c'est quelque chose dont on ne se soucie pas vraiment, on souhaite juste jouer le plus possible... et qu'un maximum de gens puissent écouter et apprécier notre musique !


Bien sur. La prochaine question est à propos de votre prochain album ! Les chansons que j'ai pu écouter non mixées, et sur scène m'ont vraiment bien plu... Tu peut nous parler un peu de cet album ?

On a enregistrés en aout 2004 au studio ULTRAMARINOS COSTA BRAVA, à Sant Feliu De Guixols (Girona, Catalunya), enregistré et produit par Santi Garcia et Xavi Navarro. Ils sont géniaux ! Ils ont enregistrés des groupes tels que Standstill, the Unfinished Sympathy, Old man and his droid, Delorean, Aina, Xmilk, Tokyo Sex destruction... et beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres !!
Ce nouvel album n' a pas encore de nom... On attend l'artwork (réalisé par mon frère Brian) pour pouvoir le baptiser ! Il sortira entre janvier et février 2005, sur Underhill er Sanjam records.


Et on attend ça de pied ferme...! Sinon qu'écoutes tu en ce moment (et les autres, si t'es au courant...)

ummm... euh... En ce moment j'écoute pas de groupes anglais comme, Keane, Razorlight, The future heads et aussi des groupes tels que Q and not U, Shudder to think, ou de plus vieux trucs comme NOFX, MXPX, AFI...umm... J'écoutes pas mal de vieux trucs
Brian écoutes Elliott Smith à longueur de temps (ce qui est compréhensible, c'était un artiste exceptionnel...), Stringfellow, Unfinished sympathy, ..ummm... également Q and not U, Evan Dando... etc
Enfin Eduardo et Pablo écoutent beaucoup Shudder to think, the dismemberment plan, et d'autres groupes qui me reviendront plus tard !


Dernière question ! Anecdotes de concert depuis le départ du groupe ?!

Waouh! Des trucs droles ?! umm.. Je suis pas bon pour ça ! Tant de trucs nous sont arrivés, j'arrive pas à me souvenir d'un exactement... (rires)
Attend... Quand on tournait avec Half foot outside (2 ans plus tot), on jouait à Valence, et le show s'est terminé à 2 heures du mat. le lendemain on jouait à Pontevedra, qui est à environ 15 heures de route ! Donc on ne s'est pas couchés, pour arriver là bas à peu près à l'heure... Au concert, seulement 15 personnes dans le public, et trois groupes jouaient. Après le concert on a rien eu à manger, et les “organisateurs” nous ont emmenés vers un immeuble (qui était en fait en construction !!!). On était 11 personnes à dormir (Kidsgofree, Half foot outside et Delorean). On avait faim, on était fatigués, endormis, et très très en colère... Donc... une fois arrivés à cet “appartement”, le type qui nous avait emmenés là n'était pas capable d'ouvrir la porte !! On a finis par escalader le mur, pour rentrer à l'intèrieur par une fenetre. Les gens regardaient par les fenetres, apeurés (rires)... Et nous on était là à escalader ce mur ! Puis tout d'un coup le type dit “Attendez une seconde... C'est pas le bon appart... C'est le prochain paté de maisons”... Quand on fut enfin arrivés à bon port.. c'était vraiment pourri !... Il faisait vraiment froid, c'était crade, etc... Et il y avait un matelas pour 11. Tout plein de crasse et de poussière. Et la meilleure : il n'y avait pas assez de place pour qu'on puisse s'allonger tous !!!!
On était vraiment stupéfiés là bas, mais on est mort de rire en y repensant... !
On a eu 30€ pour 3 groupes, 15 heures de route, pas de sommeil pendant 2 nuits, pas de diner... (rires) horrible !!


Ouais je voit bien le tableau :“Putain qu'est-ce qu'on fout ici bordel ?!? Pourquoi je suis pas chez moi au chaud devant ma télé ??”

Exactement !! (rires) Mais ça nous fait rire en y repensant ! Grâce à la musique, on voyage, rencontre de nouvelles personnes, et c'est vraiment l'essentiel... Qu'est-ce qu'on pourrait demander de plus ?! Jouer de la musique, voyager, et se faire de nouveaux amis !!
On veux juste continuer, et jouer notre musique, rencontrer de nouvelles têtes... et notre expèrience en France était extraordinaire ! On a rencontrés tant de gens en seulement 3 jours ! C'était tout simplement excellent ! C'était parfait... Et tout ceci gratos, c'est ça le meilleur !! (rires)


Ok, quelque chose à ajouter ?

Jorge : pas vraiment... J'espère juste qu'on pourra revenir en France... Et revoir tous les amis qu'on s'est fait, et s'en faire encore plus cette fois !...


http://www.myspace.com/kidsgofre