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jeudi 10 septembre 2009

Atomic Garden - Little stories about potential events



Le trio clermontois a mis les petits plats dans les grands pour concocter ce troisième album : enregistré au studio de la Souleuvre (Ravi, Aussitôt mort , 64 dollar question, Amanda woodward, the Elektrocution, ...), mixé par Chris Sheldon (ayant déjà bossé avec les Pixies, Therapy?, Feeder, Foo fighters, Biffy Clyro et même Radiohead), et masterisé par Alan Douches, qui a pu se faire un nom en travaillant avec Converge, Mastodon, the Dillinger Escape Plan, ...
L’artwork, quand à lui, a été confié à l’artiste australien Ken Taylor.
Le son et la qualité sont donc au rendez-vous et ils rentrent tout de suite dans le vif du sujet : guitares bien présentes et basse/batterie percutant. L’objet contient 11 morceaux à mi chemin entre Foo fighters, China Drum, Mega City Four et Therapy?, non sans rappeler l’univers des camarades de jeux français de Dead pop club ou Sexypop.
Le dernier opus en date avait confirmé leur talent pour composer de gros refrains, on retrouve ici la même recette sur des titres comme « Divide & Conquer » ou « Demacratic Maze ». Ils ont en plus de cela élargi un peu plus leurs influences, lorgnant parfois vers l’indie pop dansant (« Step 3 : Sonar system overloaded ») ou bien le stoner rock ala Queens of the Stone Age.

Les arrangements sont très soignés : piano, chœurs, guitare acoustique, voix féminine, et globalement, cet album est plus travaillé et fin que le précédent, plus calme également. A mon grand regret, puisque je trouve le groupe beaucoup plus efficace sur des titres rageurs et nerveux et quand le tempo s’emballe un peu. La voix qui souffre parfois d’un manque de justesse pénalise également les morceaux, et se montre bien plus efficace quand elle ne prend pas de détours.

En résumé, Atomic garden montrent une grosse évolution depuis leurs premiers maxis, tout en gardant une bonne marge de manœuvre pour la suite. Malheureusement pour eux, ils sont sûrement nés du mauvais côté de la Manche ou de l’Atlantique…


http://www.myspace.com/atomicgarden

dimanche 5 avril 2009

Antelope - reflector


Washington Dc, 2006. Le trio Antelope met en boîte son premier et seul album à ce jour, sous la houlette de Ian McKaye, boss de Dischord records et acteur historique de la scène hardcore et emo (entres autres Minor threat, Fugazi, et aujourd'hui the Evens).

Tout est minimaliste chez Antelope : les compositions, les lignes mélodiques, le son, la voix, l'artwork... Partant d'une base rock classique guitare/basse/batterie, ils incorporent des éléments de musiques hip-hop, électronique, et africaines via des rythmiques atypiques dans l'indie rock actuel.
Contretemps, lignes de basse/guitare répétitives et hypnotiques, voix calmes et linéaires et superpositions de mélodies simples sont les ingrédients utilisés dans chaque chanson. Mais derrière cette apparente simplicité se cache un album et un groupe beaucoup plus complexe qu'il n'y parait, toujours à la recherche d'efficacité, du riff qui fait mouche, et de la suite de notes imparable.
Le moins que l'on puisse dire est que le résultat est à la hauteur de leur ambition : une pièce maîtresse de la discographie dischord, voire de l'histoire du math rock. Leur son est tellement unique qu'il est en devient indéfinissable. N'utilisant quasiment aucun effet, les sonorités sont claires et cristallines, rajoutant encore à la simplicité et à la beauté de cet album. Les influences sont extrêmement larges et fouillées, la plus évidente étant sûrement leur camarades de labels Lungfish.

Mais ces 10 titres souffrent également d'un côté assez froid qui pourra rebuter certains, et a tendance à légèrement s'essouffler sur la longueur, les rythmiques étant souvent similaires d'une chanson à l'autre.

Pour ma part, j'en retiens un album très rafraîchissant et un groupe assez captivant, en espérant que leur hiatus ne dure pas trop longtemps.

http://www.ant3lop3.com
http://www.myspace.com/ant3lop3

dimanche 8 mars 2009

Frank Turner - Love, Ire & Song



Après la sortie de son premier Full lenght, Sleep is for the week, le compositeur anglais a joué à peu près partout où il a pu poser sa guitare, parcouru quelques dizaines de milliers de kilomètres, et enrichit un peu plus sa musique et son univers. Pourtant fan des deux albums qu'ont sorti Million Dead, j'ai un peu raté le décollage de la carrière solo de Frank Turner et rattrape mon retard à la sortie de ce deuxième album.

Au delà de ses qualités incontestables de composition et de sa superbe voix, ce qui frappe directement à l'écoute de Love and Ire song est que le bonhomme est un conteur hors-pair. Chaque chanson vous projette au milieu d'une histoire de cœurs brisés, d'hectolitres de pintes tombées dans des pubs enfumées, d'amitié, ou encore de désillusions face à la vie de tous les jours. On se reconnaît assez facilement dans ses paroles car Frank Turner est exactement comme vous et moi ; la seule différence est qu'il sait transformer ces petits riens en bijoux.
"I knew Pufrock before he got famous", le titre qui ouvre l'album, met tout de suite dans le bain : punk-rock acoustique, pop, folk, tout ça mélé avec talent. Pas mal de notes provoquent de gros frissons dans le dos, et Frank Turner perdure ici la tradition des grands songwriters (citons Billy Bragg ou encore Bob Dylan...).
Extrêmement bien ficelé, ce deuxième album s'écoute d'une traite, avec les quelque tubes parsemés ci et là, les deux ou trois ballades pour respirer un peu, les quelques singalongs à reprendre jusqu'à en perdre la voix, l'utilisation de nouveaux instruments (violon, cordes, mandoline, orgue...) ou bien les consonances traditionnelles que revêtent certains morceaux ("to take you home"). Et bien que deux ou trois titres soient un peu en dessous du lot ("better half", "a love worth keeping" ou bien "St Cristopher is coming home"), on ne peut s'empêcher d'imaginer l'efficacité redoutable que les brûlots composant ce Love, Ire & Song doivent revêtir sur scène.

Résumer l'album en quelques mots donnerait quelque chose comme : catchy, extrêmement entêtant, et écrit de main de maître (écoutez donc "Long live the queen", chanson parlant de la mort d'une amie, pour vous en rendre compte). Mais une chronique ne suffit pas à décrire la beauté de cette poignée de chansons, il faudra vous pencher sur l'œuvre pour vous en rendre compte par vous même. Le prochain album, annoncé pour fin 2009, est attendu de pied ferme !

http://www.myspace.com/frankturner

samedi 21 février 2009

Black Zombie Procession - Mess with the Best, Die like the Rest


Nouvelle livraison pour les quatre morts-vivants, deux ans déjà après leurs debut-album We have dirt under our nails from digging this hole we're in.
Moyennement convaincu par leur premier Lp que je trouvais trop fouilli et proche des anciens projets de son investigateur Nasty Samy (Second Rate et Lost Cowboy Heroes en tête), la première écoute de ce Mess with the Best, Die like the Rest me réconcilie avec leur zombie-core !
Le concept n'a pas changé d'un iota : les paroles et visuels tournent toujours autour de la culture B & Z movies, Comics et films d'horreurs (visitez Everyday is like sunday le webzine de Sam bien fourni dans le genre). Seulement les moyens ont été mis pour faire de ce second opus une réussite. Le son a été confié à Christian Carvin et l'artwork à Ed Repka (qui a déjà travaillé pour Nofx, Misfits ou Megadeth...).

Musicalement parlant, la formule est plus cohérente qu'avant. Cela s'explique sûrement par le fait que BZP est aujourd'hui un groupe à part entière, et non plus seulement le délire de Nasty Samy, même si il reste maître à bord. Deux ans de dates dans les jambes auront un peu plus soudé l'association de malfaiteurs, et on sent que chaque détails a été réfléchi avant d'être enregistré. La production est au poil et retranscrit parfaitement la puissance et la finesse du quatuor.
Difficile de décrire simplement leur musique, puisque les chansons sont parsemés de plans empruntant à beaucoup de courants différents : punk-rock, métal, trash, voire power-pop. Rappelons que nous avons à faire à des musiciens confirmés (Second rate, Lost Cowboy Heroes, Flying Donuts, the Pookies, Sons of Buddha...) qui maîtrisent parfaitement leur sujet et possèdent à eux quatre une culture musicale à faire pâlir un mort. On en prend donc pleins la tronche via des guitares acérées, une section rythmique tenue de main de fer, et la superbe voix mélodique de Forest : le véritable liant de toutes ces influences, qui a su rapidement apporter une nouvelle touche aux compositions. Il clôt d'ailleurs avec "Soul Dealer", une perle accoustique dont lui seul à le secret.
Quelques guests de choix (Elibats guitariste/chanteur de Hellbats sur "Bugs", Sylvain Bombled -chanteur de feux Second Rate et du 1er album de BZP- sur "Sheer Terror") apportent un petit plus à l'ensemble, et le seul reproche que l'on peut faire à cet album est qu'il est, comme le premier, difficile à écouter d'une traite (quasiment une heure).

Mess with the Best, Die like the Rest est toutefois un disque ambitieux et réussi. Ils ont enfin trouvés la recette du cocktail radioactif et semblent être déterminés à infecter la terre entière !

http://www.blackzombieprocession.com

jeudi 12 février 2009

Billy Gaz Station - Skins and Licks



Le moins qu'on puisse dire à propos de Billy Gaz Station est qu'ils n'ont pas perdu leur temps ! A peine plus de 2 ans après leur première répète, ils sortent ce "skins and lips", album autoproclamé Big Rock/Stoner/Power Pop 90's/Blues.
Agréablement surpris par les deux titres présents sur le 45 tours avec the Black Zombie Procession, et plutôt client des prédédents projets des gaziers, j'attendais un format plus long pour pouvoir me faire une meilleure idée de leur musique.

Le voilà entre mes mains, un 11 titres mis en boîte en 3 jours et mixé à Dallas TX par John Congleton (tête pensante de the Paper Chase et ingé son assez renommé qui a entre autres bossé pour Explosions in the Sky, Smog, the Roots, Marylin Manson, Hitch, This will destroy you, ...).

On peut donc s'attendre à ce que le son transpire l'urgence, et l'intro met direct dans le bain : gras et velu, guitares lourdes, chaudes et transpirantes, solos qui fusent, et batterie qui tabasse.
"Lost Generation" confirme la première impression en ajoutant à tout cela le beau timbre de voix de Billy the Kill : le trio n'est pas ici pour faire de la figuration et est passé maître dans l'art de composer des chansons rock tubesques.
On parle bien de rock ici, comme l'arrière de leur jaquette le rappelle : "respect nothing but rock"... Ils n'ont pas abandonnés la power pop musclée de leur début, mais l'ont en effet agrémentée d'influences plus lourdes, en revisitant les 40 dernières années du rock à leur manière.
Certes, ils ont le cul entre deux chaises : un plan rock 70's par ici, une rythmique bien stoner par là, un refrain pop et mielleux de ce côté. Mais force est d'avouer que la mixture prend très bien et que Kicking Records a encore une fois eu le nez fin en signant ces mangeurs de bitume.

EN résumé, on ne tient pas ici l'album de l'année, mais un full lenght qui se laisse écouter avec grand plaisir et des chansons qui doivent être diablement efficaces sur scène.
Les aficionados des Wildhearts, early Metallicas, Dinosaur Jr, et toute la scène grunge des 90's plus généralement y trouveront leur compte sans problêmes ! Vous pourrez même écouter le disque avec votre père qui pleure ses LPs rayés de Led Zeppelin et Black Sabbath.

http://www.billygaz.com
http://www.myspace.com/billgazstation

lundi 26 janvier 2009

split cd Chasing Paperboy / Mikey Randall



Nouvelle sortie Truffle Shuffle Records, deuxième série de split-cds, réunissant cette fois-ci les niçois de Chasing Paperboy, et les toulonais de Mikey Randall. Le split permet à deux groupes de partager un bout de rondelle ensemble, histoire de marquer une époque et de limiter les frais inhérents à la sortie d'un disque.
Dans le cas présent, cela permet aussi à deux groupes qui s'apprécient beaucoup humainement d'enregistrer une poignée de titres, après avoir sorti des Eps remarqués, et avant de bosser sur un format plus long.
L'artwork est sobre, à l'image de leurs productions précédentes.

Chasing Paperboy ouvre le bal avec le mélancolique "Stucked In The Politics", dans la veine de leur précédent disque Always Troubles But Different Stories : deux guitares qui se complètent parfaitement, à base d'arpèges, de mélodies qui s'entrecroisent, d'un basse batterie précis et percutant, d'une voix atypique et d'une énergie débordante. Les trois autres titres seraient plus à rapprocher de leur première démo 2 titres, plus punk-rock qu'emo pop, avec des refrains qui restent facilement en tête, des ponts inventifs, et l'ajout de quelques arrangements sympathiques (clavier sur "Should I Go Far ?", solo héroïque sur "Wake Up"). Ils concluent leur participation avec le tube "Need To Go On", qui a la particularité d'être joué à la batterie par Rémi Mayot (trombone / chant chez Freygolo, ingénieur du son Snapcut Studio, et batteur intérimaire chez Chasing Paperboy), qui s'est également occupé de l'enregistrement des 4 titres.
On pourra seulement leur reprocher des chansons un peu longues, un accent parfois perfectible et des chœurs qui manquent un peu. On ne retiendra cependant que le meilleur : un chouette mélange de punk rock mélo et d'emorock à la française, une progression évidente au niveau de la voix, et un premier album qui s'annonce plus que prometteur !

Mikey Randall prennent le relais, dans un registre plus sombre et écorché. Le son colle super bien aux ambiances dégagées par leur punk rock (titres enregistrés par eux-mêmes, excepté la batterie par Rémi M. au Snapcut Studio). Les premières notes me font directement penser à un accouplement entre les catalans de Gas Drummers, les floridiens de Hot Water Music et les regrettés Second Rate et Me Myself And I. On baigne en plein dans le punk rock couillu et gorgé de mélodies inspirés, vous l'aurez compris. La voix sent le whisky frelaté à plein nez, les choeurs sont superbement posés, et la musique du quatuor toulonnais transpire l'émotion, que ce soit via des titres énergiques ("Wreck In My Hand" et "Competition For Life"), ou plus mid-tempo ("Our Own Grave" et "Alcohol"). Côté points négatifs, la section rythmique est un peu monotone et on sent que leur songwriting peut encore gagner en personnalité.

Ce split est donc la marque d'une progression évidente pour les deux quatuors du Sud, s'affichant véritablement comme la relève emo-punk française. Encore quelques défauts à gommer, quelques kilomètres à enquiller, et ils seront mûrs pour nous pondre un premier album dont vous entendrez parler !

http://www.myspace.com/chasingpaperboy
http://www.myspace.com/mikeyrandall