samedi 15 avril 2006

POWELL - avril 2006

Au Mans y'à pas qu'un circuit de bagnoles et des fabricants de rillettes comme le prouve ce quatuor qui nous rappelle Portobello bones remanié au goût du jour et qui viens de sortir son premier album depuis cette interview, réalisée en avril 2006, Rity de l'autre côté de l'écran.



Une petite présentation s'impose... Qui, où, quand,pourquoi, et pourquoi Powell d'ailleurs?

Powell est né en septembre 2003. A la base du groupe Rity et Dimitri dans une envie commune de développer un univers brut et minimal. Puis comme par magie, Joris (batterie) et La Djag (basse) se sont greffés très rapidement. Très vite nous avons eu envie ensemble de travailler autour d'une recherche musicale commune qui nous ressemble. Le nom de Powell parce qu'il fallait un nom de groupe. Powell est un nom commun au USA comme Dupont chez nous. Un côté "normal", puis Mike Powell, le sauteur en longueur est un homme qui nous a fait vibrer


Après deux démos, vous avez sortis le 4 ways split avec clumsy, atomic et down to earth. comment a mûrit ce projet, et quels sont les répercussions depuis sa sortie?

Le projet du split est né de la volonté de Mattshowman (yr letter records). Nous avons tout de suite été emballé de participer à ce projet avec d'autres groupes français qui déboitent. A cette période, nous cherchions à retourner en studio pour finaliser quelques trouvailles. Très vite, 4 titres ont été mis en boîte. Le split est bien reçu, autant pour la démarche ambitieuse de Mattshowman que le contenu. 4 groupes à l'approche musicale et l'univers différent mais une complémentarité artistique certaine.


En écoutant votre musique, on ressent une forte différence avec ce qui se fait en ce moment sur la scène française. un bon retour au source punk rock, noise. Vous pouvez nous citer quelques influences ?


Là c'est dur dur car nous sommes tous les quatres dans des univers différents. Rity et Dimitri se nourissent de rock indé, Joris a longtemps écouté du jazz funk et La djag est très ouvert sur tous les styles musicaux. C'est une richesse car nous ne composons ainsi pas comme des fans d'un style. Nous sommes cependant attachés à la scene de Washington. Ce qui sort de chez Dischord nous laisse rarement indifférents. Il ya aussi Refused, Chokebore, Engine Down, Fugazi, Karaté, Reiziger, At the drive in, Quicksand... (Que des groupes morts!!!!!!) La scène Française nous touche avec des groupes comme Condense, Portobello Bones, ou encore Sleepers. En ce moment, nous sommes unanimes sur Gatechien et S-pam avec qui nous avons joués.


Comment composez vous généralement ?

C'est très variable. La plupart du temps, je propose un riff ou une suite d'accords, une rythmique. Puis très vite les gars s'approprient l'univers proposé et mettent leur touche personnelle. Du coup, la compo évolue jusqu'à ce que nous soyons tous satisfaits. Il faut parfois plusieurs repets pour trouver le ton juste. Notre préoccupation est la recherche d'univers, une invitation au voyage accompagné de changements brusques de cap quand cela s'impose à nous. C'est passionnant de voir comment une idée de départ peut se trouver complètement métamorphosée.



Quels sujets abordez vous dans vos paroles ?

Les textes de Powell sont des Polaroïd. Des descriptions de lieux, d'atmosphères, de situation en essayant de laisser une place à l'imaginaire de l'auditeur. Ne pas trop en dire pour que chacun y trouve son histoire et son ressenti. On y parle de moments précis, parfois à la seconde près. Propose une photographie et demande à des gens de t'expliquer ce qu'ils y voient. Tu trouveras autant de réponse que d'interlocuteurs. Les textes de Powell vont dans ce sens.


Au niveau de punk rock en france, vous vous sentez des affiliations ?

Nous sommes solidaires des démarches artistiques présentes en France et cela dépasse le cadre musical. Il ya des groupes avec qui nous sommes régulièrement en contact (Gatechien, S-pam, Bushmen...) Après, nous sommes trop timides...


Pas grand chose à voir avec la musique, mais en dehors du groupe, vous faites quoi ? le Cpe ça vous inspire quoi ?

En dehors du groupe, nous avons des métiers respectifs car ce n'est pas le rock qui rempli le frigo et qui met du beurre dans les sandwiches. Dimitri est psy (eh oui), rity est danseur-chorégraphe contemporain (étonnant non?) Joris bosse dans une boîte de télécommunication et La djag travaille comme régisseur dans les nouveaux locaux de repets ( Le Silo) ouverts au Mans depuis Septembre

Le CPE est la goutte qui fait déborder le vase (expression a la con) La précarité est de plus en plus flagrante dans ce pays. De la précarité nait la peur, de la peur nait l'imobilisme, et l'imobilisme prépare le fascisme. Alors... bougeons dans les urnes, même si parfois on y croit plus et que le gouvernement tend à diviser les opinions. Voter blanc est un acte citoyen et plus déstabilisant que de ne pas aller voter. Si en 2001, les français avaient voté blanc au second tour, on en serait pas là je pense.


Les projets pour les prochains mois ? un album à l'horizon ?

Un album est en cours de réflexion, mais pas avant la fin 2006.


Le mot de la fin est pour vous


Putain, ça c'est dur car il y aurait tant à dire. C'est dans le respect, l'amour des autres et la solidarité que nous sortons meilleurs (la vache, j'me suis déchiré sur ce coup là)

http://www.powell.tk

http://www.myspace.com/powell

Aucun commentaire: