Ted Leo est le descendant d'une longue lignée. A l'heure où l'on tente encore de nous vendre le prochain produit marketing musical à la mode, il l'est l'un des derniers punks contestataire de ce monde, rejeton spirituel direct de la famille politique des Clash ou de Fugazi, rien que ça !
Depuis le début de sa carrière, l'américain s'évertue à enregistrer des disques tous plus passionnants les uns que les autres, empruntant au punk-rock son engagement et son énergie, et à la pop son génie mélodique et sa voix ultra classe. Sur cette dernière fournée (désormais signé chez Matador !), il nous livre une collection de 13 titres imparables, inspirants autant qu'inspirés, à l'écoute desquels il est quasi impossible d'exercer autre activité que fredonner machinalement...
Parmi la pelletée de tubes qui suintent de cette galette, on retiendra particulièrement 3 morceaux : "the Mighty Sparrow" qui ouvre magistralement l'album et résume assez bien le style Ted Leo (grosses mélodies, superbe voix et refrain qui reste en tête), l'épique "Even heroes have to die" qui caresse dans le sens du poil et laisse de grands frissons, et enfin LE tube de cet album, "Bottled in cork", dont les ponts de 6 cordes et l'outro devraient squatter votre cerveau un bon moment si vous êtes normalement constitués...
La section rythmique (le fidèle batteur Chris Wilson et le nouveau bassiste Marty Key) et l'énergie qui se dégage du son de cet opus sont particulièrement bluffant ; la seconde guitare (James Canty, également présent depuis un bon moment) n'étant pas non plus là pour enfiler des perles ou faire de la figuration. Enfin, comme toujours chez Ted Leo, les lyrics sont au rendez-vous. Il a le talent de faire sonner des phrases insonnables, de commencer une chanson par une suite de mots aussi improbable que : "There was a resolution pending on the United Nations floor" (en français : "il y avait une résolution en attente sur le plancher des Nations Unies"), de finir la même chanson (toujours "Bottled in Cork") par "Tell the bartender, I think i'm falling in love" ("dites à la serveuse, je crois que je suis en train de tomber amoureux"), d'écrire admirablement des textes politiques, aussi bien que de raconter un tour d'Europe en famille !
Le pire dans tout ça, c'est que ça s'enchaîne sans temps morts et qu'on en redemande dès que c'est fini... J'ai toujours du mal à comprendre comment et pourquoi un artiste pareil est toujours aussi méconnu, mais que les fidèles du grand Ted se réjouissent, ses albums sont sold-out moins rapidement et dans quelques décennies vous pourrez fièrement les exhiber à vos petits-enfants !
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